La Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a appelé, mardi 19 décembre lors de sa visite à Beyrouth, les acteurs politiques libanais à prendre des actions concrètes en faveur d'une dissociation du Liban à l'égard des conflits régionaux tels qu'en Palestine ou en Syrie.
« Nous avons vu les institutions politiques travailler ensemble, les forces politiques travailler ensemble, dans l’unité. Nous nous attendons maintenant à ce que cet engagement renouvelé en faveur de la politique de dissociation soit transformé en actions, mis en œuvre pleinement, et respecté », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse avec le premier ministre libanais Saad Hariri.
Soulignant que l’UE était « probablement le seul pouvoir à avoir des relations avec tous les acteurs de la région », la Haute Représentante a appelé ces acteurs à « montrer de la retenue et à respecter le Liban, sa stabilité, sa souveraineté, son indépendance et son unité ».
Mme Mogherini a rappelé que la protection et la poursuite du renforcement de l’indépendance et de la sécurité du Liban étaient une priorité de l’UE. Elle s’est dite satisfaite du retour de M. Hariri au Liban et de la reprise des activités de son gouvernement. Après avoir démissionné depuis l’Arabie saoudite le 4 novembre (EUROPE 11898), M. Hariri est retourné au Liban et est revenu sur sa décision, le 5 décembre. Le Premier ministre s’est engagé à ce que les élections législatives se tiennent « à temps », celles-ci étant programmées pour mai 2018.
Lors de la rencontre de Mme Mogherini avec M. Hariri, mais aussi avec le ministre aux Affaires étrangères Gebran Bassil, la situation des réfugiés syriens au Liban a été discutée. Selon la Haute Représentante, les Syriens qui souhaiteront rentrer devront pouvoir le faire à partir du moment où un retour digne et sûr sera possible. « J’ai l’impression que ce n’est pas encore le moment », a-t-elle expliqué. En octobre, le président libanais Michel Aoun avait estimé que les réfugiés syriens devaient commencer à retourner dans les zones les plus calmes de leur pays. (Camille-Cerise Gessant)