Sous l'égide du gouvernement égyptien, le premier forum des affaires de l'Union pour la Méditerranée (UpM) consacré à l'énergie et au climat, mercredi 18 octobre au Caire, a permis aux parties prenantes - gouvernements, entreprises, institutions financières internationales et banques de développement - de discuter de solutions pour améliorer la coopération euroméditerranéenne et attirer les investissements en matière d'énergie durable dans une région qui devra relever les défis d'une hausse de 98% de sa demande énergétique d'ici 2040, de la hausse des températures et des pénuries d'eau.
Synthétisant les débats, le secrétariat de l'UpM a relevé trois priorités que les participants ont appelé de leurs vœux : - la promotion, au niveau des associations d’entreprises du secteur de l'énergie, d'une coopération accrue pour encourager les initiatives du secteur privé ; - la création d'une plateforme de dialogue pour explorer le potentiel des partenariats public-privé dans la région en tant qu'instrument clé pour stimuler les investissements dans le secteur des énergies renouvelables ; - l'intégration des réseaux d’entreprises internationaux travaillant sur la transition énergétique, tels que l’Alliance mondiale pour les technologies propres (World alliance for efficient solutions), l'initiative du fondateur du projet Solar Impulse, Bertrand Piccard, qui a lancé un partenariat avec l'UE, fin mars (EUROPE 11756), afin de reproduire et de développer des solutions innovantes pour la technologie et les modèles d’entreprises.
Le forum a aussi permis de mettre en avant des projets labellisés et soutenus par l'UpM ciblant la production de renouvelables et la transition énergétique et visant à mobiliser un milliard d'euros dans les pays de la rive sud de la Méditerranée tels que : - le parc éolien de Tafila, en Jordanie, qui répond à 3% de la demande nationale d'électricité et constitue un modèle de bonne pratique pour les partenariats public-privé ; - le cadre SPREF, qui vise à surmonter les obstacles au développement des marchés privés des renouvelables au Maroc, en Tunisie, en Égypte et en Jordanie et à aider ces pays à atteindre leurs objectifs en termes de renouvelables et de réduction des émissions de CO2, et par le biais duquel la BERD prévoit un financement jusqu’à 227,5 millions € pour mobiliser 834 millions € d'investissements.
Le ministre égyptien de l’Électricité et des Énergies renouvelables, Mohamed Shaker El-Markabi, a présenté le plan de son pays pour moderniser et renforcer les réseaux de transmission et de distribution d'énergie et développer une stratégie à long terme afin de porter la part des renouvelables à 42% du bouquet énergétique d'ici 2035 en profitant du potentiel égyptien en matière d’énergie éolienne et solaire. M. Shaker El-Markabi a aussi souligné le rôle du secteur privé et de la coopération régionale en matière de renouvelables et d’efficacité énergétique.
Le secrétaire d’État portugais à l’Énergie, Jorge Seguro Sanches, a appelé à développer un partenariat stratégique entre les pays de région euroméditerranéenne pour intégrer les marchés de l'énergie et établir un pont énergétique entre eux. Dénué de ressources fossiles, le Portugal a appliqué un programme ambitieux pour développer les renouvelables, dont le succès a été démontré lorsque le pays n'a fonctionné qu'à l'aide des énergies vertes quatre jours durant en mai 2016.
« Mobiliser les investissements privés en faveur des activités liées au climat et à l’énergie est essentiel pour garantir une transition énergétique durable dans la région euroméditerranéenne », a insisté le Secrétaire général de l’UpM, Fathallah Sijilmassi, soulignant que « les renouvelables et l’efficacité énergétique étaient une source importante de création d’emplois et constituaient un vecteur essentiel pour l’action climatique, le développement durable et la stabilité régionale ».
Les 43 pays de l'UpM ont lancé, en mai 2015, trois plateformes euroméditerranéennes pour promouvoir et développer la production de gaz en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, pour développer le marché régional de l'électricité et, surtout, pour développer et promouvoir les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. (Emmanuel Hagry)