Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé qu’il n’existait « aucune place » pour « n'importe quelle forme de médiation ou d’initiative internationale » dans la crise catalane, jeudi 19 octobre lors de la première session de travail du sommet européen.
« Notre position, je veux dire en tant qu’institution et États membres, est claire: il n’y a aucun espace, aucune place, quelle que soit sa forme, de médiation, d’initiative internationale, ou d’action », a-t-il déclaré. « Et je n’attends aucune discussion approfondie ou débat sur la situation » lors du dîner, a-t-il ajouté. Et d’enfoncer le clou: « Nous avons tous nos émotions, nos avis, nos analyses, mais d’un point de vue formel, il n’y a aucun espace ici pour une intervention de l’UE ».
Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, qui avait exprimé une position tranchée en réponse à des députés européens espagnols (EUROPE 11858), est allé encore plus loin: « Tout doit être fait dans le respect des règles et du droit car personne dans l’Union européenne ne reconnaitrait l’indépendance de la Catalogne ».
Parmi les chefs d’État et de gouvernement s'étant exprimé, la lecture est la même: la crise catalane est avant tout une question intérieure qui doit être réglée par l’Espagne, dans le respect du droit et de la Constitution nationale. « Ce Conseil européen sera marqué par un message d’unité, d’unité autour de nos États membres face aux crises qu’ils peuvent connaître, unité autour de l’Espagne », a indiqué le président français, Emmanuel Macron.
Le Premier ministre slovène, Miro Cerar, a refusé toute comparaison entre la situation catalane et celle de la Slovénie au moment de son indépendance. « La situation en Catalogne à cet instant est complètement différente. L’Espagne, la Catalogne comprise, est un pays démocratique », a-t-il expliqué.
Les appels catalans pour une médiation internationale sont déçus. Estimant n'avoir pas reçu une réponse claire des leaders catalans sur leur déclaration d'indépendance, le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a convoqué un conseil des ministres extraordinaire samedi 21 octobre, pour évoquer le possible une prise de contrôle des pouvoirs policiers, politiques et financiers en Catalogne (déclenchement de l’article 155 de la Constitution). Le président catalan, Carles Puigdemont, a menacé Madrid d’une déclaration formelle d’indépendance si le gouvernement espagnol n'entame pas le dialogue et poursuit une politique qualifiée de répressive. (Pascal Hansens)