Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenté de rassurer son auditoire en insistant sur la nécessité de répondre aux aspirations sociales pour réconcilier l'Europe et ses citoyens, jeudi 21 septembre devant le Comité économique et social européen (CESE).
Aux membres du CESE qui ont trouvé le discours sur l'état de l'Union du président de la Commission en retrait sur les questions sociales par rapport au volontarisme précédemment affiché (EUROPE 11861), M. Juncker a répondu en insistant sur l'égalité de traitement en Europe. « Il n'y a pas de deuxième division en Europe ! Il n'y a pas de travailleur ni de consommateur de seconde zone ! », a-t-il martelé, en référence aux travaux en cours sur les travailleurs détachés et sur la lutte contre les doubles standards dans les denrées alimentaires et les produits de consommation courante.
M. Juncker a aussi espéré que les institutions européennes seront en mesure d'adopter, le 17 novembre lors du sommet informel de Göteborg, le socle européen des droits sociaux (EUROPE 11775). Il a mis en garde contre le risque d'une Europe coupée en deux si la classe politique ne prend pas suffisamment en compte les requêtes de ceux qui travaillent.
Le président du CESE, Georges Dassis, a accepté la main tendue de l'ancien Premier ministre luxembourgeois, promettant de porter la voix d'une Europe plus sociale. Au nom du groupe des travailleurs, Mme Del Rio s'est inquiétée qu'un accord politique interinstitutionnel ne soit pas marqué sur la réforme des règles encadrant les systèmes nationaux de sécurité sociale. Nous espérons que les efforts destinés à attribuer à l'Europe la notation AAA en matière sociale ne seront pas vains, a indiqué Mme Bischoff. M. Jahier a regretté que le discours sur l'état de l'Union ne mentionne ni le mot pauvreté, phénomène qui touche pourtant 120 millions de citoyens, ni l'expression 'développement durable', alors que l'UE doit jouer un rôle moteur au niveau international dans ce domaine. (Mathieu Bion)