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Bulletin Quotidien Europe N° 11867
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ACTION EXTÉRIEURE / Iran

Mme Mogherini s’oppose à toute renégociation de l’accord sur le nucléaire

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini s’est opposée, mercredi 20 septembre, à toute renégociation de l’accord sur le nucléaire iranien.

« Il n’y a pas besoin de renégocier des parties de l’accord, car celui-ci concerne un programme nucléaire (et pas d’autres sujets concernant l’Iran) et fonctionne. (…) Il n’y a pas besoin de rouvrir l’accord, car il fonctionne pleinement », a expliqué Mme Mogherini à l’issue de la réunion ministérielle de l’E3+3 (Allemagne, France, Royaume-Uni et Chine, États-Unis et Russie) et de l’Iran sur le plan d'action commun à New York. La Haute Représentante a précisé qu’il n’y a pas eu de discussion sur des changements dans l’accord lors de leur réunion.

Alors que le président américain, Donald Trump, passe son temps à critiquer l’accord, le président français, Emmanuel Macron, a estimé que l’accord n’était « pas suffisant », appelant à lui ajouter « deux ou trois autres piliers : un pour un meilleur contrôle des missiles balistiques et des activités balistiques, qui ne sont pas couverts par l'accord de 2015, un deuxième pour l'après-2025, parce que l'accord ne couvre pas la situation après 2025, et un troisième pour ouvrir des discussions avec l'Iran sur la situation actuelle dans la région » du Moyen-Orient.

Mme Mogherini a précisé que toutes les parties - dont les États-Unis - avaient convenu qu’il n’y avait pas de violation de l’accord, que celui-ci était respecté dans tous ses aspects et que toutes les parties le mettaient pleinement en œuvre. Elle a d’ailleurs martelé, à neuf reprises devant la presse, que l’accord fonctionnait. La Haute Représentante a expliqué qu’il appartenait à l’AIEA de fournir les rapports sur la mise en œuvre de l’accord, et à la Commission mixte de surveiller la mise en œuvre, et non « à une partie ou l'autre » de certifier que l'accord fonctionne.

Selon Mme Mogherini, si d'autres questions devaient être discutées avec Téhéran, elles devraient l’être en dehors de l'accord, qui porte uniquement sur le programme nucléaire. « Il y a d'autres questions qui échappent à la portée de l’accord et ces questions pourraient être abordées dans différents formats, dans différents forums, y compris le fait que les États-Unis ont entrepris un examen de leur propre politique envers l’Iran », a-t-elle expliqué. Interrogée sur ce qu’il adviendrait de l’accord si les États-Unis le quittaient, la Haute Représentante a précisé, « au nom de l’UE » que « les Européens feront en sorte que l’accord demeure ».

Mme Mogherini a également estimé que l’accord nucléaire était une partie « non négligeable » de la sécurité internationale. « Nous avons déjà une crise nucléaire potentielle (la Corée du Nord). Nous n'avons absolument pas besoin d'entrer dans une seconde crise. Il s'agit d'un accord qui a empêché un programme nucléaire et, potentiellement, une intervention militaire. N'oublions pas cela », a-t-elle insisté. (Camille-Cerise Gessant)

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