Le ministre libanais des Affaires étrangères et des Migrants, Gebran Bassil, a plaidé, mardi 18 juillet, pour un meilleur partage du fardeau des réfugiés syriens, alors que son pays, à lui seul, accueille plus de 1,5 million de réfugiés.
« La crise des réfugiés est une question internationale qui nécessite une réponse guidée par l’humanité et la solidarité », a-t-il expliqué à l’issue du 8e Conseil d’association UE-Liban à Bruxelles. « Nous apprécions d'être félicités pour ce que nous offrons en particulier à la population déplacée, mais nous sommes déçus du manque de partage du fardeau et du fait que la plupart des pays tentent d'échapper à leur obligation internationale de responsabilité », a-t-il ajouté. M. Bassil a rappelé que son pays créait des ponts entre les communautés quand d’autres ont plutôt tendance à ériger des murs.
La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, ont rappelé le constant soutien des Européens. Depuis le début du conflit en Syrie, l’UE a apporté une aide de plus de 1,2 milliard d’euros et pris des mesures pour aider économiquement le pays. M. Hahn a aussi annoncé que l’UE allait étudier la possibilité, dans les prochaines semaines, de prendre des mesures supplémentaires, à la demande du gouvernement libanais.
Lors de leur rencontre, Européens et Libanais ont ainsi discuté de la situation de réfugiés syriens au Liban. « L'UE et le Liban ont convenu que la seule solution durable à long terme pour les réfugiés et les déplacés de la Syrie au Liban est leur retour en toute sécurité dans leur pays d'origine, quand les conditions pour un tel retour seront respectées », ont souligné les deux parties dans leur déclaration conjointe, tout en se disant « conscients de l'impératif de créer des conditions pour le retour en toute sécurité des réfugiés de Syrie et des Syriens déplacés, y compris pendant la transition, conformément à toutes les normes du droit international humanitaire et en tenant compte des intérêts des pays hôtes ». M. Bassil a mis en avant la possibilité d’un retour dans les régions « sûres », un retour « ponctuel et progressif dans un premier temps, afin de favoriser une réédification de la confiance entre les composantes de la population syrienne, dans la perspective d'une reconstruction de la Syrie ». Mme Mogherini a, elle, insisté sur un retour « volontaire ».
Par ailleurs, les Européens ont salué les récents progrès en termes politiques au Liban, notamment l’élection du président, la formation d’un gouvernement en décembre, et l’adoption de la nouvelle loi électorale sur la base de laquelle les élections législatives auront lieu en mai 2018. Mme Mogherini et MM. Hahn et Bassil ont également discuté de la lutte contre le terrorisme
En marge du Conseil d'association, l'UE et le Liban ont conclu les négociations de l'accord international sur la participation du Liban au Partenariat pour la recherche et l'innovation dans la région méditerranéenne (PRIMA). Ce programme portera notamment sur la production alimentaire efficace et durable et l’approvisionnement en eau. (Camille-Cerise Gessant)