Atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 tout en restant compétitive, c’est possible pour l’industrie chimique européenne, selon le scénario le plus ambitieux d'une étude rendue publique mercredi 19 juillet par le Cefic (European Chemical Industry Council).
Cette étude sur l’énergie et les matières premières sobres en carbone pour l’industrie chimique européenne (Low carbon energy and feedstock for the European chemical industry) a été réalisée par la société allemande DECHEMA. Elle passe en revue toutes les options technologiques disponibles pour les principaux processus de production du secteur chimique et les conditions requises pour faciliter la transition de l’industrie chimique européenne - un secteur énergivore à forte intensité de carbone - vers la neutralité carbone.
Figurent parmi ces conditions : - l'accès à une électricité sobre en carbone dans des volumes beaucoup plus importants et à des prix compétitifs ; - la disponibilité en matières premières alternatives, comme les matières premières biologiques ou les gaz industriels résiduaires ; - un système fiscal qui encourage la modernisation des installations de production et des équipements vieillissants ou la construction de nouvelles installations ; - le soutien financier public ou public/privé pour favoriser l’expansion des technologies et partager le risque propre à l’investissement dans ces technologies uniques en leur genre ou risquées ; - l’innovation et la recherche dans de nouvelles technologies qui peuvent aider à relever ces défis ; - le renforcement de la collaboration transsectorielle de modèles d’entreprise pour trouver des moyens durables de réutiliser le CO2.
« De nombreuses technologies sobres en carbone prometteuses sont disponibles à un stade relativement avancé de développement. L’Industrie devra trouver les moyens de relever les défis liés à l’investissement, aux matières premières et à l’énergie pour qu’elles puissent être déployées à une large échelle en Europe », commente Marco Mensink, directeur général du CEFIC, dans un communiqué.
La mise en œuvre des technologies et des options explorées dans cette étude permettrait à l'industrie chimique européenne de réaliser son ambition de jouer un rôle de chef de file dans la transformation de l’économie européenne en une économie circulaire et sobre en carbone, estime le Cefic. (Aminata Niang)