Réagissant au rapport annuel de la Cour des comptes française sur la situation et les perspectives des finances publiques du pays, publié jeudi 29 juin, le Premier ministre français, Édouard Philippe, s'est engagé « à contenir le déficit à 3% [du PIB] dès cette année ».
« Nous ne le ferons pas en augmentant les impôts, nous le ferons par des mesures d'économies », a, par ailleurs, affirmé le chef du gouvernement. Il a également annoncé que des précisions seraient données dans un premier temps mardi, dans son discours de politique générale, puis durant le débat d'orientation des finances publiques.
Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, faute de mesures économiques appropriées, le déficit public français devrait atteindre 3,2% du PIB en 2017, soit 0,4 point de plus que l’objectif fixé par le précédent gouvernement (EUROPE 11767), et 0,2 point de plus que ce que la Commission avait annoncé le 11 mai dernier, lors de la publication de ses prévisions économiques de printemps (EUROPE 11786). Ces écarts s’expliqueraient par « des recettes publiques un peu surestimées et des dépenses publiques manifestement sous-évaluées, en particulier s’agissant de l’État ».
« Les conclusions de la Cour des comptes sont sévères. Sans appel. Nous héritons d'un dérapage de 8 milliards d'euros. C'est inacceptable », a déclaré sur Twitter le Premier ministre français, dans une allusion non masquée à la politique économique menée par le gouvernement précédent.
Pour passer en dessous de la barre des 3% de PIB de déficit cette année, l’institution préconise de « reporter ou [d’]annuler toutes les mesures d’accroissement de dépenses publiques non encore mises en œuvre et de prendre des mesures d’économies supplémentaires portant sur toutes les administrations publiques ».
La Cour ne se montre guère plus optimiste pour 2018, en affirmant qu’atteindre l’objectif de réduction de déficit de 0,5 point du PIB supposerait une stabilisation des dépenses en volume, alors que ces dernières devraient vraisemblablement croître.
Pour rappel, la France doit résorber son déficit sous la barre des 3% du PIB pendant deux ans, si elle souhaite sortir de la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle depuis 2007. (Lucas Tripoteau)