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Bulletin Quotidien Europe N° 11804
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Les principaux taux directeurs n'iront pas plus bas

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu inchangés ses principaux taux directeurs tout en indiquant que ces taux n'iraient pas plus bas, jeudi 8 juin. Elle a revu à la hausse ses prévisions de croissance, mais à la baisse ses prévisions d'inflation.

« Nous nous attendons à ce que ces taux demeurent au niveau actuel pour une période prolongée, bien au-delà de l'horizon de nos opérations de rachat net d'actifs  », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi. Il a justifié la modification du langage employé par la disparition d'un risque de déflation dans la zone euro. Selon lui, même si aucun vote n'a eu lieu sur la teneur de la déclaration de la BCE, « aucune voix dissonante » ne s'est exprimée lors de la réunion Conseil des gouverneurs qui s'est tenue à Tallinn.

À ce stade, le taux pour les opérations principales de refinancement est donc maintenu à 0,00%, celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%, celui de la facilité de dépôt -0,40%. Néanmoins, si la situation économique dans la zone euro venait à empirer, l'institut monétaire se tient prêt à agir à nouveau dans ce domaine.

Depuis sa réunion d'avril, le Conseil des gouverneurs observe une reprise un peu plus ferme que prévu, les risques pesant sur la croissance étant désormais « globalement équilibrés ». Il prévoit désormais une hausse du PIB de l'Eurozone à hauteur de 1,7% en 2017, 1,8% en 2018 et 1,7% en 2019.

Néanmoins, l'institution européenne estime que l'élan observé de l'économie de la zone euro ne se reflète pas suffisamment dans la dynamique de l'inflation, celle-ci étant retombée à 1,4% en mai après 1,9% en avril. Considérant que très peu de choses avaient évolué sur le front de l'inflation depuis avril, M. Draghi a notamment indiqué que la trajectoire de l'inflation sous-jacente (hors prix énergétiques et des denrées alimentaires) demeurait « plate » ('flat'), notamment en raison d'une pression insuffisante opérée par les salaires.

Jeudi, la BCE a revu à la baisse ses prévisions pour l'inflation afin de refléter une baisse des cours du pétrole. La hausse des prix devrait ainsi s'élever à 1,5% en 2017, 1,3% en 2018 et 1,6% en 2019.

En résumé, nous devons être « patients », mais nous devons aussi avoir « plus confiance » dans les bienfaits de la politique monétaire, a considéré M. Draghi. Il a souligné le fait qu'aucune discussion n'avait eu lieu, lors de la réunion, sur la sortie progressive ('tapering') de l'opération rachat massif de titres surtout publics ('quantitative easing'), qui se poursuivra à un rythme mensuel de 60 milliards d'euros jusqu'à au moins fin 2017 et tant que la trajectoire de l'inflation n'aura pas retrouvé un niveau proche, mais inférieur à 2%.

Certains observateurs sont néanmoins d'avis que l'évolution du langage de la BCE pourrait être interprétée comme un signal aux marchés concernant une possible décision, cet automne, menant à une normalisation de la politique monétaire en zone euro.

Banco Popular. Interrogé sur la résolution de la banque espagnole Banco Popular (EUROPE 11803), M. Draghi a apprécié l'action « opportune » de la BCE agissant en tant que superviseur unique au sein de l'union bancaire en zone euro. Se réfugiant derrière la séparation entre politique monétaire et supervision bancaire au sein de la BCE, il n'a toutefois pas répondu à la question l'interrogeant sur le choix de Santander en tant qu'acquéreur de la banque défaillante.

Le vice-président de l'Institut monétaire de Francfort, Vítor Costâncio, a rappelé que le superviseur bancaire européen avait estimé qu'en vertu de ses problèmes de liquidité, Banco Popular était défaillante - ou sur le point de l'être -, si bien qu'une résolution bancaire s'imposait. (Mathieu Bion)

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