Dans le meilleur des scénarios, les ministres des Finances des pays de la zone euro décideront, lundi 20 février, de renvoyer les experts des 'institutions' (Commission européenne, BCE, FMI, MES) à Athènes pour tenter de finaliser la 2ème mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec.
« La meilleure chose à laquelle nous pouvons nous attendre lundi » est que la Grèce et ses créanciers institutionnels marquent un accord sur « les conditions préalables » permettant le retour des experts des créanciers d'Athènes dans la capitale grecque, a indiqué un haut diplomate européen, jeudi 16 février. Selon lui, les deux questions principales, qui restent à résoudre, concernent les « perspectives budgétaires » en Grèce et la question du « marché du travail ».
Le gouvernement grec, qui refuse d'adopter pour un seul euro de plus de mesures budgétaires, juge infondées les requêtes du FMI qui se basent sur des prévisions de croissance et de consolidation des finances publiques grecques plus pessimistes que celles de la Commission (EUROPE 11726, 11724). Une autre question ouverte est celle de l'ampleur et de la durée de l'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) qu'Athènes devra tenir après 2018, année de sortie du 3ème plan d'aide grec. Le gouvernement grec souhaite également rétablir le fonctionnement des conventions collectives en Grèce, élément qui déplaît au FMI (EUROPE 11722). Mais les Européens n'envisagent pas que le FMI ne participe pas au 3ème plan de sauvetage grec.
Cette même source a considéré que le gouvernement grec n'avait effectué que « le tiers » des actions préalables nécessaires à la finalisation de la 2ème mission de suivi du plan grec.
À ce stade, il n'y a pas urgence à finaliser la 2ème mission du plan d'aide grec, la Grèce étant en mesure de tenir financièrement jusqu'à l'été où un pic de remboursement de plus de 6 milliards d'euros de titres de dette est annoncé. Néanmoins, Athènes espère la stabilité qui lui permettrait de renouer avec une forte croissance en 2017 (+2,7% du PIB) et de passer sous le bouclier de la BCE via l'opération 'quantitative easing' pour retourner plus facilement sur les marchés financiers de dette à long terme. En outre, les échéances électorales dans certains pays, comme aux Pays-Bas mi-mars, où l'assentiment du parlement national est nécessaire pour déclencher le versement d'une tranche d'aide, pourraient être propices à une nouvelle prise d'otage de la tragédie grecque. Le ton est déjà monté en Allemagne où certains refont miroiter le spectre du 'Grexit'.
« Il est préférable de marquer un accord plutôt tôt que tard au lieu d'attendre, attendre, attendre... », a néanmoins estimé ce haut fonctionnaire, ne voyant cependant pas la nécessité de convoquer une réunion exceptionnelle de l'Eurogroupe.
Situation économique en zone euro. Lundi, les ministres auront une discussion plus générale sur la situation économique au niveau de la zone euro sur la base des récentes prévisions d'hiver de la Commission européenne. Celle-ci a revu ses prévisions de croissance légèrement à la hausse, tablant désormais sur une hausse du PIB de 1,6% en 2017 et de 1,8% en 2018 pour la zone euro (EUROPE 11724). (Mathieu Bion)