Les discussions entre la Commission européenne et les syndicats sur les pratiques pour les services minimums dans la gestion de l’espace aérien sont au point mort, selon François Ballestero, responsable politique pour le secteur de l'aviation civile et du tourisme à la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF), mercredi 15 février.
Dans le cadre de la stratégie ‘aviation’, la Commission compte présenter courant 2017 un document d’orientation sur les meilleures pratiques en matière de niveaux de service minimum dans la gestion de l’espace aérien. Un dossier dont les syndicats ne veulent pas entendre parler. Ainsi, depuis plusieurs mois, l’ETF refuse d’aborder le dossier avec la Commission européenne. « On veut d'abord parler du dialogue social, avant d'aborder le service minimum, qui existe par ailleurs déjà au niveau national », nous a confié M. Ballestero. Le projet resterait donc au point mort pour l’heure, car la Commission ne peut avancer sur ce dossier sans les syndicats, d’autant que les partenaires sociaux du secteur ont fait des propositions concrètes, nous a-t-il expliqué.
Les grèves, sources de profonde discorde. Les compagnies aériennes et les syndicats sont à couteaux tirés sur la question des grèves des contrôleurs aériens (EUROPE 11517). Début février, l’organisation des services de la navigation aérienne civile (Civil Air Navigation Services Organisation – CANSO) et l’organisation Airlines for Europe (A4E), qui représente les plus grands opérateurs aériens, ont lancé un appel en direction de la Commission pour réduire l'impact des grèves des contrôleurs aériens, la bête noire des compagnies aériennes (EUROPE 11517). Ils réclament notamment la mise en place d’un système contraignant de notification des grèves de 72 heures.
Les syndicats du secteur ont vivement réagi à cette alliance. Le syndicat des contrôleurs aériens (‘Air Traffic Controllers European Unions Coordination’ - ATCEUC) et celui des transports (‘European Transport Workers' Federation’ – ETF) ont ainsi adopté, le même jour, une déclaration conjointe dans laquelle ils dénoncent « le lavage des cerveaux », « les campagnes de manipulation » ainsi que les « chiffres malhonnêtes » de l’A4E.
La question sociale est le tendon d'Achille de la stratégie 'aviation' et a ressurgi lors des négociations au Parlement européen sur le rapport d'initiative de Pavel Telička (ADLE, tchèque) (voir autre nouvelle) et (EUROPE 11683). (Pascal Hansens)