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Bulletin Quotidien Europe N° 11619
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ACTION EXTÉRIEURE / Albanie

L’UE appelle à la mise en œuvre de la réforme de la justice

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, ont appelé l’Albanie, jeudi 8 septembre, à la mise en œuvre de la réforme du système judiciaire, adoptée en juillet (EUROPE 11599).

« Nous pensons que tous les partis politiques ont leur responsabilité pour assurer une rapide mise en œuvre de la législation », a souligné Mme Mogherini, lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil de stabilisation et d’association UE-Albanie. Qualifiant l’adoption de cette réforme d’« étape importante » pour l’Albanie sur la voie européenne, la Haute Représentante a rappelé que la mise en œuvre passait aussi par le lancement du processus de vérification des juges et des procureurs. Le commissaire aux Négociations d’élargissement a, lui aussi, rappelé l’importance de la mise en œuvre de cette réforme, espérant que l’état d’esprit positif montré en juillet, lors de l’adoption, soit le même pour la mise en œuvre. La législation « ne doit pas exister uniquement sur du papier, mais aussi dans la réalité », a prévenu M. Hahn.

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, s’est montré confiant dans l’ouverture prochaine des négociations d’adhésion de son pays, candidat depuis juin 2014 (EUROPE 11107). Selon lui, si les réformes clés continuaient à être mises en œuvre, « principalement la réforme de la justice », cela constituerait « une solide base pour l’ouverture des négociations ». « La réforme passée est une base solide pour obtenir la recommandation » de la Commission d’ouvrir les négociations d’adhésion, a-t-il répété plusieurs fois. « Il est crucial que nous ayons une recommandation positive », a-t-il clairement expliqué.

Mais l'adoption de la réforme du système judiciaire et sa mise en œuvre ne sont pas les seules conditions pour ouvrir les négociations. Si, en mars, Mme Mogherini avait précisé que l’adoption de la réforme permettrait cette ouverture (EUROPE 11505), M. Hahn a rappelé que la recommandation pour ouvrir les négociations d'adhésion était liée à cinq priorités clés, qui, en plus de la réforme du système judiciaire, portent sur celle de l'administration publique, la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, la protection des droits de l'homme et les politiques anti-discriminations et la mise en œuvre des droits de propriété.

Bien que l’UE, dans le communiqué du Conseil d’association et de stabilisation, ait salué les mesures prises par le pays dans le cadre de la lutte contre la corruption et le crime organisé, la situation reste, selon elle, compliquée pour ce qui concerne la réforme de l’administration et les droits de l’homme. Transparency international a annoncé, jeudi 8 septembre, dans un rapport, que l’Albanie restait vulnérable à la corruption en raison d’une interférence politique et d’un manque d’indépendance des principales institutions de surveillance. Mme Mogherini a reconnu que l’Albanie avait besoin de résoudre les problèmes en matière de corruption et de crime organisé, tout en soulignant avoir vu la « forte détermination » des dirigeants à s’occuper de ces questions « importantes » et que le travail était en cours. (Camille-Cerise Gessant)

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