Bruxelles, 17/05/2016 (Agence Europe) - Le collège des commissaires européens va débattre, mercredi 18 mai, du dossier aussi controversé qu'épineux de l'herbicide glyphosate avant que les représentants des États membres ne soient saisis de sa proposition de renouvellement de l'autorisation de cette substance active, a annoncé lundi 16 mai, l'institution européenne.
Cette précision a été donnée en réponse à la presse qui s'étonnait que se profile une proposition de renouvellement d'autorisation pour 9 ans, sans aucune des restrictions d'utilisation préconisées par le Parlement européen, notamment aux abords des parcs et pour les particuliers, pour ce pesticide reconnu comme « carcinogène probable » pour l'homme par l'Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC) de l'OMS, en contradiction avec les conclusions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) (EUROPE 11551).
« Le comité permanent des plantes, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux va discuter demain et après-demain. Un projet a été mis en circulation auprès des États membres qui tient compte des commentaires des États membres. Il tient compte aussi de la résolution votée par le Parlement en avril. Le collège sera informé demain, par Vytenis Andriukaitis, de l'état du dossier. Sur cette base on discutera des prochaines étapes », a déclaré Enrico Brivio, porte-parole à la Santé et à la Sûreté alimentaire de la Commission européenne.
Une nouvelle étude FAO/OMS conforte l'EFSA. La Commission se prononcera mercredi sur une proposition de renouvellement de « la substance active » glyphosate. « C'est aux États membres qu'il revient, s'ils le souhaitent, d'imposer des restrictions d'utilisation », a précisé le porte-parole. Et d'ajouter aussi que « la dernière étude de la FAO et de l'OMS dit qu'il est peu probable que le glyphosate présente un risque cancérigène pour l'homme par exposition via le régime alimentaire ». En pleine controverse, cette nouvelle étude de la réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides (JMPR) publiée lundi tombe à point nommé pour la Commission. Dans un communiqué, Greenpeace affirme qu'« au moins deux experts impliqués dans cette évaluation ont des liens avec l'industrie ».
En amont du vote des États membres, 39 ONG environnementales et de santé ont écrit, lundi 16 mai, aux ministres de l'Agriculture et au comité PAFF pour leur demander de « voter contre la ré-autorisation de cette substance reconnue comme cancérigène probable pour l'homme en 2015 » et rappeler qu'«en vertu du règlement 1107/2009, ré-autoriser cette substance active devrait être une décision illégale dans l'UE ».
Ayant toute confiance dans le sérieux de l'évaluation scientifique de l'UE, l'Association européenne de Protection des cultures, pour sa part, «ne voit pas de raison de ne pas ré-autoriser le glyphosate pour moins de quinze ans », conformément à ce qu'avait initialement envisagé la Commission. (Aminata Niang)