Bruxelles, 17/05/2016 (Agence Europe) - Le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des migrants, François Crépeau, s'est inquiété, mardi 17 mai, lors d'une conférence de presse en Grèce, des conditions de détention des migrants dans le pays et du manque d'informations fournies aux migrants détenus. Le Rapporteur dressait les conclusions préliminaires d'un futur rapport sur le sujet qui sera présenté en juin 2017.
Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des migrants a réclamé la fin du placement en détention, sur la base de l'accord UE-Turquie, des migrants arrivés en Grèce, et a souligné la fragilité légale de ce pacte destiné à freiner l'afflux de migrants. «J'appelle la Grèce à mettre fin à ces détentions », sauf cas exceptionnels, a déclaré M. Crépeau, à l'issue d'une visite de cinq jours en Grèce, entre Athènes, Lesbos, Samos ainsi que dans d'autres 'hotspots' et à la frontière avec l'Ancienne République yougoslave de Macédoine. Ces placements en détention - pour une période de 25 jours - de tout migrant arrivé après l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie le 20 mars « ont été demandés à la Grèce par l'UE », a dit le Rapporteur, mais « cette contrainte est déplacée ». La détention est en particulier inacceptable pour les enfants, très nombreux parmi les arrivants, « qui ne doivent pas être détenus », a-t-il insisté. M. Crépeau a aussi mis en avant les incertitudes pesant sur la légalité du pacte UE-Ankara, un simple « accord politique sans caractère juridique contraignant ».
À ce stade, moins de 400 des 8 500 personnes arrivées en Grèce depuis le 20 mars ont été renvoyées vers la Turquie, a indiqué le Financial Times au cours du week-end, citant des statistiques du gouvernement grec. Dans le cadre de cet accord UE/Turquie, 160 personnes ont également été réinstallées depuis la Turquie vers l'UE, sur le 'quota' potentiel de 72 000 personnes à réinstaller prévu par l'accord.
Lundi 16 mai, l'EASO, le Bureau européen d'appui à l'asile, a aussi annoncé qu'il entamait, aux côtés des autorités grecques, ses activités de pré-enregistrement des demandeurs d'asile arrivés en Grèce après le 20 mars sur le continent et plus seulement sur les îles de la mer Égée. (Solenn Paulic)