Bruxelles, 17/05/2016 (Agence Europe) - L'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI) n'est pas assez ambitieuse pour permettre la réalisation des objectifs de l'Accord de Paris sur le climat, ont estimé, vendredi 13 mai, les députés européens présents à Montréal, les 11 et 12 mai, pour suivre les travaux de l'OACI visant à s'attaquer aux émissions de CO2 du secteur qui pourrait représenter 22% des émissions mondiales en 2050.
« Nous saluons l'esprit positif et ouvert des discussions. Il reste néanmoins beaucoup à discuter et à analyser avant de parvenir à une solution satisfaisante pour établir un mécanisme de marché mondial qui apporte des bénéfices environnementaux substantiels », a déclaré Julie Girling (CRE, britannique), qui conduisait la délégation du Parlement à Montréal. « Le système doit être conçu pour avoir la couverture la plus large possible avec un mécanisme de révision solide pour rendre le système plus ambitieux dans un avenir proche. La flexibilité pour permettre l'option d'une poursuite de l'ETS est essentielle ».
Les députés européens n'oublient pas qu'avec son règlement 'Stop the clock' de 2014, l'UE a modifié sa directive ETS pour donner à l'OACI le temps de parvenir à un accord satisfaisant lors de son assemblée générale d'octobre, faute de quoi, l'ETS, tel qu'il était conçu au départ, devra s'appliquer à tous les vols, au départ et à l'atterrissage dans l'UE - y compris les vols internationaux .
L'OACI vise une croissance du secteur avec un bilan carbone neutre à compter de 2020 (par une amélioration moyenne de l'efficacité des carburants de 1,5% par an entre 2009 et 2020) ce qui permettrait au secteur de poursuivre sa croissance pour peu que son empreinte carbone n'augmente pas. Elle compte conclure à l'automne une mesure mondiale fondée sur le marché (MMFM) reposant sur un système de compensation des émissions entre le secteur de l'aviation et d'autres secteurs. (EUROPE 11533).
Or, le projet de texte en discussion inclut un grand nombre d'exemptions pour les pays plus pauvres, lesquelles ne seraient pas compensées par une action supplémentaire des nations plus riches. Résultat: les projets actuels ne peuvent que conduire à ce que l'OACI échoue à atteindre son objectif déjà faible, estiment les Verts/ALE au Parlement. « L'OACI devrait reconnaître explicitement que la croissance neutre en carbone est à peine un premier pas. L'accord devrait inclure au minimum un mécanisme de rattrapage grâce auquel des réexamens périodiques pourraient accroître les réductions d'émissions jusqu'à que l'on soit en bonne voie pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Mais un tel mécanisme fait, pour l'heure, cruellement défaut », déplore ce groupe politique qui, à l'instar de Karima Delli (Verts, française), ne voient pas pourquoi le secteur de l'aviation, exempté jusque-là de toute participation à la lutte contre le changement climatique, bénéficierait « d'un régime d'exception ». (Aminata Niang).