Bruxelles, 11/05/2016 (Agence Europe) - La conflit persistant qui oppose le Parlement et le gouvernement vénézuéliens continue de préoccuper les Européens qui disposent de peu de moyens d'action pour faciliter le dialogue entre les deux parties.
« La situation politique ne fait qu'empirer » au Venezuela, a constaté le Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, mardi 10 mai, lors d'un débat en session plénière du Parlement européen. Elle a cité l'augmentation des souffrances de la population en raison du conflit politique, marquées par l'insécurité, la rareté de produits de première nécessité comme « l'eau » et l'inflation galopante. Selon elle, l'Union européenne, « distante géographiquement mais pas politiquement », a un rôle à jouer auprès des instances politiques aux niveaux vénézuélien et régional pour « surmonter la confrontation institutionnelle ». Et de demander l'aide des députés à travers les contacts que ceux-ci ont noués sur place.
Pour Esteban González Pons (PPE, espagnol), le Venezuela va droit dans le mur. Prudent, Ramón Jáuregui Atondo (S&D, espagnol), qui préside l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (Eurolat), a regretté que les « deux institutions légitimes » - le gouvernement Maduro et le Parlement vénézuélien dominé par l'opposition depuis la victoire de la 'Mesa de la Unidad Democratica', fin 2015 - ne collaborent pas. « Je ne peux pas juger qui est responsable », a-t-il estimé, constatant néanmoins « le manque de libertés » dont souffrent les Vénézuéliens. Charles Tannock (CRE, britannique) a fustigé le pouvoir en place qui a décrété la semaine de deux jours dans la fonction publique. Pour Beatriz Becerra Basterrechea (ADLE, espagnole), le gouvernement Maduro doit accepter de demander une aide humanitaire. Javier Couso Permuy (GUE/NGL, espagnol) a appelé l'Europe à ne pas s'ingérer dans les affaires internes du Venezuela. (Mathieu Bion)