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Bulletin Quotidien Europe N° 11549
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

« le marché est un moyen et non fin en soi », plaide l'ambassadeur de l'UE

Bruxelles, 11/05/2016 (Agence Europe) - La perspective de conclure un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) entre l'UE et la Tunisie, dont les négociations ont été lancées officiellement en avril dernier, suscite de fortes réticences dans ce pays. L'ambassadeur de l'UE à Tunis, Laura Baeza, a saisi l'occasion de la célébration de la Journée de l'Europe, lundi 9 mai, pour tenter de rassurer.

« Je sais que ce projet suscite des craintes », a-t-elle affirmé, mais la ligne suivie serait: « intégration au grand marché de l'UE oui, mais intégration progressive, asymétrique, maîtrisée et accompagnée dans le temps ». L'ALECA, selon Mme Baeza, « doit être un outil pour l'intégration, et non l'inverse. Dans la vision des pères fondateurs de l'Europe, le marché est un moyen pour unir les Européens, et non une fin en soi ».

Mme Baeza a rappelé l'intensité de la relation avec la Tunisie, pays précurseur du « Printemps arabe ». En termes financiers, d'abord: « de 1976 à 2015, l'aide de l'UE (en dons) s'élève à près de 2,9 milliards d'euros » et seulement depuis 2011, « un milliard d'euros » a été consenti. « Sur la même période depuis 1976, les engagements (prêts) pris par la Banque européenne d'investissement (BEI) s'élèvent à plus de 5,7 milliards d'euros ». Cela marque, a dit l'ambassadeur, une « accélération constante, reflet de notre ambition pour la Tunisie, reflet aussi de la transition politique, qui permet désormais de ne plus se cantonner aux questions économiques stricto sensu, mais d'accompagner le retour de l'État de droit et l'avènement d'une démocratie moderne ». Mme Baeza a affirmé qu' « au moment où nous constatons, ici comme ailleurs, que la pauvreté et la désocialisation nourrissent les rancœurs et la radicalisation, l'UE, construite pour le progrès social et la paix, ne souhaite en aucun cas une Tunisie affaiblie, bien au contraire ». Ce ne serait « ni dans notre intérêt, ni dans notre philosophie, soyez en convaincus », a-t-elle conclu. (Fathi B'Chir)

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