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Bulletin Quotidien Europe N° 11549
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) mercosur

Net soutien au PE aux négociations commerciales, mais pas au détriment de l'agriculture

Bruxelles, 11/05/2016 (Agence Europe) - Un grand nombre de députés ont réaffirmé leur soutien aux négociations de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), lors d'un débat en plénière mardi 10 mai, mais en insistant sur la nécessité de protéger l'agriculture européenne.

« Il faut profiter du changement politique en Argentine pour avancer. Nous avons perdu beaucoup d'opportunités pour nos deux marchés pendant dix ans. Il y a des écarts dans les offres, mais cela ne représente que 10% de la totalité de ce que l'on négocie. Là où il ya de la volonté, il y a des possibilités. Ne perdons plus de temps, l'accord de libre-échange UE/Mercosur doit devenir une réalité », a estimé l'Espagnol Santiago Fisas Ayxela, au nom du groupe PPE. « Il faudra bien veiller à protéger nos intérêts dans les secteurs particulièrement sensibles », a souligné son collègue allemand du même groupe, Daniel Caspary. Pour la délégation française du PPE, Tokia Saïfi, Michel Dantin et Frank Proust ont insisté sur la nécessité que « l'agriculture ne soit pas une monnaie d'échange », demandant aussi une révision du mandat de négociation, qui date de 1999.

Pour le groupe S&D, l'Italien Nicola Danti et l'Espagnol Franciso Assis ont aussi appelé à « saisir la chance » qui se présente pour enfin conclure un accord avec le bloc sud-américain, avant qu'il ne se tourne vers d'autres partenaires, tels que l'Amérique du Nord ou l'Asie. « L'accord doit prévoir l'abaissement des tarifs, mais aussi la suppression des barrières non tarifaires. La Commission doit faire preuve d'ambition et de prudence en prenant en compte les secteurs les plus sensibles de notre industrie », a souligné M. Danti.

Au nom du groupe CRE, le Britannique James Nicholson a salué le retrait par la Commission, à la dernière minute, des contingents tarifaires d'importation de bœuf de l'offre de l'UE, appelant en outre à ce que les secteurs porcin et de la volaille soient aussi protégés.

« Nous devons enfin ouvrir des négociations avec le 4ème grand bloc commercial au niveau mondial, il est incroyable que l'UE n'ait pas encore d'accord commercial avec des économies importantes telles que le Brésil et l'Argentine. Nous avons enfin l'élan politique nécessaire pour avancer après des années d'inaction et nous devons en profiter au mieux », a estimé la Tchèque Dita Charanzova, au nom du groupe ADLE, appelant l'UE à « s'engager pleinement pour avoir un accord ambitieux, mais dans un calendrier raisonnable ».

« Nous ne sommes pas contre un accord UE/Mercosur, mais attention à notre agriculture! Nous risquons une hausse de 70% de nos importations de viande porcine. Et la réglementation en matière agricole en Amérique du Sud est moins stricte. Oui à un accord qui assure des avantages mutuels, mais non à un accord qui menacerait notre agriculture », a souligné l'Italienne Tiziana Beghin au nom du groupe ELDD.

Au nom du groupe GUE/NGL, l'Allemand Helmut Scholz a souligné la « nécessité de définir un nouveau mandat ». « Nos agriculteurs sont alarmés », a-t-il insisté.

Pour le groupe des Verts/ALE, le Français José Bové a appelé à « arrêter toutes les négociations de libre-échange en cours (…) qui se font en permanence avec l'agriculture comme monnaie d'échange. C'est plus de 100 000 emplois qui seraient supprimés dans l'agriculture, si ces accords d'importation avaient lieu. On a un souci avec l'accord UE/Mercosur. Aujourd'hui, nous faisons face à des crises dans les secteurs de la volaille, du bœuf et du porc et on veut encore ouvrir les frontières ! », a-t-il déploré.

Pour le groupe ENL, l'Autrichien Georg Mayer s'est dit « assez critique » à l'égard d'un accord UE/Mercosur, insistant sur la « période très difficile » que traversent les marchés des viandes bovine et porcine et du lait dans son pays et en Europe. « La position de agriculteurs est particulièrement critique. Ils devraient être au centre de nos intérêts », a-t-il insisté. « Les normes agricoles en vigueur dans les pays du Mercosur sont loin d'assurer le degré minimal de sécurité tel que nous l'avons en Europe, avec l'utilisation massive d'antibiotiques et d'hormones. Avec le traité UE/Mercosur, c'est toute la filière agricole européenne qui est menacée », a renchéri son collègue français, Edouard Ferrand.

La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a, elle, insisté sur les gains résultant d'un accord de libre-échange UE/Mercosur, qui permettrait d'économiser chaque année 4 milliards d'euros de droits de douane. « L'échange des offres a été préparé avec une grande prudence », a-t-elle assuré, précisant que la Commission avait pris en compte les conclusions des deux études d'impact sur le secteur agricole effectuées en 2011 pour calibrer l'offre de l'UE. « L'UE et la Commission sont conscientes du fait qu'il ya des intérêts offensifs très forts de la part du Mercosur, mais il ya aussi des intérêts défensifs dans le secteur agricole », a-t-elle ajouté, promettant une nouvelle étude d'impact sur la durabilité, sur l'impact économique et sur les droits de l'homme ainsi qu'une une étude sur l'impact cumulatif des accords de libre-échange sur l'agriculture. Alors que l'échange des offres sur l'accès au marché avait lieu ce mercredi 11 mai (voir autre nouvelle) (EUROPE 11547), Mme Malmström a assuré de la disposition du Mercosur à améliorer son offre au fil des négociations (Emmanuel Hagry)

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