Bruxelles, 11/05/2016 (Agence Europe) - Le respect absolu de l'impartialité de l'aide humanitaire, un embargo européen sur les ventes d'armes aux pays coupables de graves violations du droit humanitaire et une feuille de route à un horizon de cinq ans pour la mise en œuvre des engagements qui auront été pris à Istanbul figurent parmi les recommandations du Parlement européen en vue du Sommet humanitaire mondial (23-24 mai). L'échange qu'ont eu les eurodéputés, mardi 10 mai à Strasbourg, avec le commissaire européen à l'Aide humanitaire et la gestion des crises, Christos Stylianides et la représentante de la Présidence néerlandaise du Conseil, Jeanine Hennis Plasschaert, a permis aux députés de mettre en garde l'UE contre l'écueil d'une 'grand-messe' qui ne serait pas suivie d'effet. L'UE peut, certes, s'enorgueillir d'être le premier contributeur mondial d'aide humanitaire, mais ça ne suffit pas à relever tous les défis d'un système humanitaire mondial débordé par la multiplicité des crises, ont-ils fait observer. Celle des réfugiés en est une.
« Quiconque fréquente les grands sommet onusiens assiste régulièrement à des cérémonies d'autosatisfaction et d'autofélicitation. Cela ne devrait pas nous voiler la face devant trois aspects dramatiques qui vont hypothéquer le sommet », a déclaré Charles Goerens (ADLE, luxembourgeois) en citant la sécurité de plus en plus menacée des missions médicales, la multiplication des foyers de crise « acceptée comme une fatalité », le gouffre entre l'engagement des Etats, notamment l'UE, et les résultats effectifs.
«Les engagements pris par l'UE sont généreux, certes, aussi ses engagements sont-ils régulièrement renouvelés, pour la simple raison qu'ils n'ont pas été tenus. Pour les Etats membres de l'UE , c'est une question de crédibilité. Nos États membres feraient bien de se le rappeler », a-t-il dit en faisant observer qu' « il ne suffit pas de constater que d'autres, que presque tous les autres font moins que l'UE et ses Etats membres pour baisser la garde devant l'ampleur du défi ».
Miguel Urbán Crespo (GUE/NGL, espagnol) a déploré l'incohérence des politiques de l'UE en réponse à la crise des réfugiés. « les crises humanitaires n'ont pas pour seules causes le changement climatique et les catastrophes naturelles, mais les conflits armés créés par des intérêts économiques », a-t-il dénoncé. « Selon lui, des décisions politiques comme la fermeture des frontières à des milliers des réfugiés » jouent aussi un rôle. (Aminata Niang)