Bruxelles, 11/03/2016 (Agence Europe) - Dans une déclaration politique sur la compétitivité européenne adoptée par le PPE mardi 8 mars à Strasbourg (voir autre nouvelle), le groupe propose de renforcer les synergies entre les fonds de la politique de cohésion et les autres politiques de l'Union, et, dans ce cadre, veut une meilleure articulation de la politique de cohésion avec le Semestre européen.
Cette annonce irait à l'encontre d'une grande majorité des régions, celles-ci pouvant craindre de faire les frais d'un tel renforcement et de se voir partiellement barrer l'accès à des fonds régionaux dans le cas d'une procédure de déséquilibre macroéconomique (EUROPE 11506), à l'instar de la France.
« La politique de cohésion est la seule politique de l'UE qui renforce la croissance et l'emploi au niveau territorial (…) La briser pour la période post-2020 enverrait un mauvais signal aux citoyens européens et remettrait sérieusement en cause la reprise économique des régions européennes », a confié à EUROPE Eleni Marianou, secrétaire générale de la Conférence des régions périphériques et maritimes.
Michael Schneider (PPE, allemand), rapporteur sur le futur de la politique de cohésion auprès du Comité des régions (CdR), circonspect, a répondu à EUROPE qu'il souhaite s'employer à faire en sorte que « la prochaine génération des fonds d'investissement en Europe, en coordination étroite avec la politique de cohésion post-2020, ne se détourne pas de (s)es objectifs, tout en assurant une flexibilité suffisante en vue de travailler en synergie avec les autres politiques de l'UE ».
M. Schneider a toujours été en faveur de plus de flexibilité, dès l'adoption de son premier avis en 2012, indique-t-on au CdR. À l'époque, il s'était exprimé dès le début contre le projet de concentration thématique, innovation de la période 2014-2020, qui, selon de nombreux observateurs, a eu pour conséquence de rendre plus rigide l'usage des fonds ESI.
« Si les autorités régionales et locales étaient mieux intégrées dans le processus d'élaboration du Semestre européen et des réformes nationales, la question ne se poserait pas », explique une source.
Le président du CdR, Markku Markkula, pour sa part, n'a pas jugé opportun de prendre position sur le document.
La question de la flexibilité a gagné en acuité depuis l'irruption de la crise des flux migratoires, et l'introduction de mesures correctives par la Commission (EUROPE 11388). (Pascal Hansens)