Bruxelles, 11/03/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE pourraient, lundi 14 mars, parvenir à un accord politique pour que l'UE prenne des mesures restrictives à l'encontre de trois responsables politiques libyens accusés d'entraver le processus de paix.
Les trois responsables visés seraient: Nouri Abou Sahmein, président du parlement de Tripoli qui n'est pas reconnu par la communauté internationale ; Khalifa al-Ghweil, chef du gouvernement de Tripoli ; Aguila Saleh, président de la chambre des représentants de Tobrouk qui est, elle, reconnue par la communauté internationale (EUROPE 11477).
Une source européenne a cependant précisé que cette décision du Conseil dépendait encore des discussions qui sont en cours entre les parties libyennes. En effet, des négociations ont été convoquées jeudi 10 mars par l'envoyé spécial des Nations unies, Martin Kobler, pour tenter d'obtenir un accord sur un gouvernement d'entente nationale. M. Kobler a pris une telle initiative et en fonction du résultat obtenu, « les ministres évoqueront le sujet des sanctions (…) pour que les responsables libyens qui s'illustrent par leur capacité de perturbation et de nuisance soient sanctionnés, y compris dans un cadre autonome européen », a affirmé cette source.
Si « un ou deux » États membres auraient encore des doutes, il n'y aurait toutefois pas de « grande opposition » à une telle décision du Conseil, selon plusieurs sources diplomatiques. « Les trois plus grands États membres », soit la France, le Royaume Uni et l'Allemagne, seraient en faveur de ces mesures. « Sur la question des sanctions, il n'y a jamais eu, à une ou deux exceptions près, de désaccords fondamentaux sur le principe de sanctions. Là où l'on a buté, c'est sur le calendrier », a affirmé un diplomate. En cas d'accord le lundi, les sanctions pourraient être officiellement adoptées d'ici à la fin du mois de mars.
Les ministres évoqueront la situation en Libye, lundi, lors du déjeuner avec M. Kobler. Cette discussion sera aussi l'occasion pour la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, d'informer les ministres sur l'opération navale EUNAVFOR Med Sophia et l'état de travaux pour le soutien éventuel de l'UE à la Libye, une fois un gouvernement d'entente nationale mis en place. Ce soutien aux autorités libyennes pourrait prendre la forme d'une mission civile dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) afin de contribuer à la réforme du secteur de la sécurité. (Camille-Cerise Gessant)