Bruxelles, 11/03/2016 (Agence Europe) - Confronté à une crise migratoire sans précédent, le Conseil de l'UE a adopté, jeudi 10 mars, des conclusions sur le trafic de migrants.
Les États membres, la Commission européenne et les agences compétentes de l'UE sont invités à prendre certaines mesures pour contrer ce phénomène. Parmi ces mesures, renforcer et améliorer la collecte, le partage et l'analyse des données concernant le trafic de migrants afin de définir des politiques efficaces et coordonnées constitue une étape clé pour casser le modèle économique des passeurs. Une autre mesure concerne le renforcement de la coopération entre États membres et Europol à travers l'échange d'informations fiables et actualisées sur le trafic de migrants.
Selon le Conseil, « seule » une approche globale et transfrontalière des États membres de concert avec les institutions, les agences et organes concernés de l'UE - qui respecte pleinement les droits de l'homme, la dignitéì des migrants victimes de passeurs, le principe de non-refoulement ainsi que l'interdiction des expulsions collectives - sera capable d'endiguer le trafic de migrants. Cette question épineuse des expulsions collectives est l'un des points à clarifier d'ici au sommet européen des 17 et 18 mars (EUROPE 11509).
La Commission est invitée à soutenir les États membres dans la mise en place d'un réseau de points de contact nationaux focalisé dans la lutte contre le trafic de migrants.
Plusieurs facteurs expliquent le besoin pressant d'adopter ce texte. Le nombre de migrants ayant franchi illégalement les frontières de l'UE en 2015 est de 1,8 million (soit une hausse de 546% par rapport à 2014). En 2015, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) estimait à 3 770 le nombre de migrants ayant perdu la vie durant cette traversée. Enfin, il est impératif de s'attaquer aussi vite que possible à ce trafic qui est considéré comme une forme grave de criminalité organisée, accompagnée de violences physiques et psychologiques. (Didion Maëlle stag)