Bruxelles, 14/12/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a opposé une fin de non-recevoir, lors du Conseil Agriculture de lundi 14 décembre à Bruxelles, à la demande polonaise de prévoir des restitutions à l'exportation pour la viande porcine, un secteur en difficulté à cause de prix bas.
Le commissaire européen, Phil Hogan, a dit qu'il était contre la demande polonaise, notamment parce que les prix sont bas et que la production continue de progresser. Il a rappelé que le 4 janvier va s'ouvrir un nouveau régime plus généreux de stockage privé pour la viande porcine (+20% pour l'aide) et que les produits pourront être exportés lors de leur déstockage (moyennant une pénalité).
Après la requête polonaise sur la viande porcine (il s'agissait d'un 'point divers'), quatorze ministres ont pris la parole. La Slovénie, le Portugal, la Roumanie, la Hongrie, la Croatie, la Belgique et la France ont soutenu la démarche polonaise. L'Irlande s'est prononcée contre les restitutions à l'exportation (tout en soutenant le besoin d'aider davantage ce secteur en difficulté). L'Allemagne s'est prononcée contre les restitutions à l'exportation. Deux pays ont insisté sur la restructuration nécessaire du secteur de la viande porcine: les Pays-Bas et l'Allemagne. Pour ces pays, il y a une inadéquation entre la production, la consommation et les exportations. La Belgique a prôné notamment l'abattage précoce de porcelets. La France a estimé que les mesures prises dans le secteur de la viande porcine avaient été tardives et insuffisantes.
Phil Hogan a précisé aussi qu'il travaillait sur la recherche de nouveaux débouchés en 2016 pour le porc. Il va voyager l'an prochain au Mexique, en Colombie, en Chine et au Japon. Il tente aussi d'obtenir une levée des barrières non tarifaires. M. Hogan et d'autres commissaires tentent aussi d'obtenir une levée de l'embargo sanitaire russe pour obtenir la reprise des ventes du 5ème quartier (lard, graisse et abats), mais la partie russe n'y a pas encore répondu favorablement.
Marché du lait. Par ailleurs, la France et l'Espagne ont évoqué la situation toujours préoccupante dans le secteur du lait et des produits laitiers. La France a estimé que le système de stockage privé dans le secteur de la poudre de lait était peu incitatif à cause de la dégradation de la qualité de la poudre de lait pendant le stockage. (Lionel Changeur)