login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11453
Sommaire Publication complète Par article 13 / 30
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transports

COP 21, beaucoup regrettent l'absence de l'aviation et du secteur maritime

Bruxelles, 14/12/2015 (Agence Europe) - Alors que le monde saluait l'accord universel sur le climat, trouvé à Paris samedi 12 décembre, de nombreuses voix issues des milieux écologistes, mais aussi de l'aviation et du secteur maritime, ont regretté l'absence du secteur aérien et maritime dans la version finale du texte.

« L'accord reste en l'état flou pour savoir à qui revient la responsabilité de réduire les émissions de ces secteurs. Si c'est à l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) et OMI (Organisation maritime internationale), elles doivent de façon urgente revoir leurs ambitions à la hausse », s'est inquiété Andrew Murphy, de l'organisation environnementale Transport & Environment. De même, du côté des parlementaires européens écologistes, l'enthousiasme reste relatif. « Bon accord, dont les transports aériens et maritimes sont, hélas, exclus. Signe que les lobbies n'ont toujours pas compris l'enjeu de la COP 21 », s'est indignée Karima Delli (Verts/ALE, française), par ailleurs auteur d'un rapport hautement controversé sur la mobilité durable, qui vise le carburant conventionnel (EUROPE 11445).

Les organisations représentant les deux secteurs se sont également interrogées. C'est le cas d'Air Transport Action Group (ATAG), qui s'est dit surpris « de l'inexistence de la mention de la responsabilité de l'OACI quant aux émissions aériennes dans l'accord final de Paris, alors qu'elle apparaissait dans les versions antérieures ». La European Community Shipowners Associations (ECSA), qui représente le secteur maritime, a salué l'accord tout en regrettant que le secteur maritime n'y soit inclus.

La Commission s'est expliquée sur ce point. « Nous nous sommes battus jusqu'au dernier moment pour ça. Les objectifs sur le long terme comprennent tout type d'émissions, y compris celles en provenance de ces industries », a assuré Miguel Arias Canete, commissaire à l'Énergie et à l'Action pour le climat. Il s'est inquiété de la lenteur des négociations relatives à la limitation des émissions de CO2 dans le secteur.

Selon Patrick Verhoeven, secrétaire général de l'ECSA, les gouvernements au sein de l'OMI vont reprendre les discussions en avril prochain sur un système de mesure en conditions réelles des émissions rejetées par le secteur maritime. Une fois ce système de collecte de donnée en place, « l'OMI sera en mesure d'avancer ». De son côté, l'OACI doit mettre en place un instrument de marché mondial d'ici 2020 pour réduire les émissions de CO2 du secteur. À l'heure actuelle, le système « Stop the clock », qui limite l'application de la directive ETS aux seuls vols intra-européens, est maintenu jusqu'en 2016 (EUROPE 11032), le temps que l'OACI trouve un accord, mais les négociations s'éternisent.

Les résistances sont venues de certains États, notamment l'Arabie saoudite et Singapour, explique une source européenne, mais aussi de l'industrie. Ainsi, le secteur maritime n'accepterait pas de contribuer à l'objectif à long terme de limitation à 1,5°C, selon une source. Or, si les deux organisations n'arrivent pas à trouver un accord, ce sera à des organisations régionales telles que l'UE d'imposer des normes d'ici 2020. Dans le cas de l'UE, le secteur maritime devrait à l'avenir contribuer aux systèmes ETS d'échange de quotas d'émissions ou bien contribuer au fonds de compensation, explique à EUROPE Sotiris Raptis, de Transport & Environment. (Pascal Hansens)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES
INSTITUTIONNEL
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE