Bruxelles, 14/12/2015 (Agence Europe) - Les violences inédites qu'a connues la capitale du Burundi ces derniers jours ont fait réagir une nouvelle fois l'UE. Après avoir brandi la menace de sanctions, l'UE propose cette fois de contribuer financièrement au lancement d'un processus de paix, dimanche 13 décembre.
Certains médias, dont le journal français Le Monde, parlent maintenant d'une « phase d'une violence inédite » à Bujumbura depuis vendredi 11 décembre. Des fosses communes auraient été creusées pour enterrer les morts, après les combats entre les opposants au président Pierre Nkurunziza et les forces de sécurité, qui auraient exercé une répression méthodique. L'UE évoque d'ailleurs des « exécutions sommaires ».
Après avoir consulté à Bruxelles les autorités burundaises et menacé de rompre la coopération bilatérale, voire d'appliquer des sanctions (EUROPE 11449), l'UE change de fusil d'épaule et propose une aide financière. Dans une déclaration conjointe, publiée dimanche, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, ont affirmé que « cette dégradation dramatique de la situation demande une réaction déterminée » et, en premier lieu, « l'ouverture d'un processus politique à travers un dialogue inter-burundais sous médiation de l'Ouganda avec l'aide de l'Union africaine ».
L'UE est prête à financer en partie ce processus, si « tous les acteurs burundais » répondent « positivement à l'invitation » et rejettent « toute violence ». L'UE compte maintenant sur les actions du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil de paix de l'Union africaine pour « éviter de nouvelles pertes de vies et un embrasement de la région », ont souligné les deux responsables de l'UE. (Jan Kordys)