Bruxelles, 14/12/2015 (Agence Europe) - Dix-sept délégations nationales, trois organisations régionales, dont l'UE et les Nations unies, ont encouragé, dimanche 13 décembre, lors d'une conférence internationale sur la Libye à Rome, les parties libyennes à signer l'accord politique qui prévoit la formation d'un gouvernement d'entente nationale.
« Nous encourageons tous les acteurs politiques à signer cet accord définitif le 16 décembre et appelons tous les Libyens à s'unir derrière l'accord politique libyen et le gouvernement d'entente nationale », ont souligné les participants dans une déclaration commune. Ils ont ainsi salué l'annonce, vendredi 11 décembre, selon laquelle les membres du dialogue politique libyen allaient signer l'accord le 16 décembre au Maroc.
Les délégations vont soutenir le gouvernement d'entente nationale en tant que seul gouvernement légitime de la Libye. « Nous allons cesser les contacts officiels avec des individus qui prétendent faire partie des institutions qui ne sont pas validées par l'accord politique », ont-elles prévenu. Parmi les institutions légitimes, elles ont cité les institutions économiques nationales, dont la Banque centrale de Libye, la compagnie nationale du pétrole et l'autorité d'investissement libyenne, qui doivent fonctionner sous l'égide d'un gouvernement d'entente nationale chargé de préserver et protéger les ressources de la Libye pour le seul bénéfice de tous ses habitants.
Les participants à cette conférence internationale ont rappelé que la formation d'un gouvernement d'entente nationale basé à Tripoli était « urgent(e) pour fournir à la Libye les moyens de maintenir la gouvernance, de promouvoir la stabilité et le développement économique ». Un tel gouvernement est « essentiel » pour s'attaquer, en partenariat avec la communauté internationale, aux défis critiques humanitaire, économique et sécuritaire.
Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Harlem Désir, a affirmé, à son arrivée à Bruxelles, qu'un tel gouvernement libyen est « absolument indispensable, car, dans le vide sécuritaire et politique qui s'est créé ces dernières années, c'est l'État islamique qui est en train aujourd'hui de prospérer ».
« Nous exprimons notre détermination, en collaboration avec le gouvernement d'entente nationale, à vaincre les affiliés à l'EI (Daech) en Libye et à éliminer la menace qu'ils représentent pour la sécurité libyenne et internationale », ont encore prévenu les participants à la conférence dans leur déclaration. Ils ont jugé aussi que les responsables de la violence et ceux qui entravent et compromettent la transition démocratique libyennes devaient être strictement tenus pour responsables. Les délégations ont ainsi appelé toutes les parties « à accepter un cessez-le-feu global, immédiat dans toutes les parties de la Libye ».
Les participants ont également rejeté toute ingérence étrangère en Libye. Ils ont salué les efforts des pays voisins, de l'Union africaine, de la Ligue des États arabes et de l'UE pour contribuer à la construction d'une Libye sûre, démocratique, prospère et unie, où les habitants seraient réconciliés et où l'autorité de l'État et l'État de droit seraient restaurés. « C'est un processus dirigé par les Libyens » et qui est entre leurs mains, « mais la chose importante est que la communauté internationale - et l'UE en particulier - le soutienne de manière unie, cohérente et coordonnée et avec tous nos moyens », a affirmé, lundi 14 décembre, la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.
Les délégations à Rome se sont dites prêtes à soutenir la mise en oeuvre de l'accord politique et se sont engagées fermement à fournir au gouvernement d'entente nationale un soutien politique et technique, économique, sécuritaire et d'assistance contre le terrorisme.
Lors de leur réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE ont demandé aux institutions européennes de préparer dans les prochains jours les premières mesures du paquet d'aide de 100 millions d'euros pour qu'elles soient opérationnelles au premier jour du nouveau gouvernement. Selon Mme Mogherini, ces mesures concerneraient le domaine humanitaire ou encore l'aide aux services municipaux et locaux.
Les participants à la conférence de Rome étaient: Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni, Algérie, Chine, Égypte, Jordanie, Maroc, Russie, Qatar, Arabie saoudite, Tunisie, Turquie, Émirats arabes unis, Etats-Unis, Union européenne, Ligue des États arabes, Union africaine et ONU. (Camille-Cerise Gessant)