Bruxelles, 14/12/2015 (Agence Europe) - Lors d'un séminaire organisé jeudi 10 décembre à Bruxelles par le groupe ADLE du Parlement européen, plusieurs députés et organismes ont demandé la création d'un écolabel européen pour les produits de la pêche.
L'étiquetage des produits issus de la pêche relève de deux règlements: le premier concerne tous les produits agro-alimentaires et fixe des exigences minimales comme la mention 'produit décongelé' ou la liste des allergènes contenus. L'autre est issu de la réforme de la politique commune de la pêche et oblige les opérateurs à préciser la dénomination exacte du poisson, la méthode de production, l'engin de pêche utilisé, le pavillon du bateau, les dates de capture, de débarquement et de consommation. Toutefois, les poissons fumés, séchés ou salés ne sont pas couverts par ces législations, ainsi que les produits préparés (surimi), des produits essentiellement importés.
L'eurodéputée Izaskun Bilbao Barandica (ADLE, espagnole) a déclaré: « Nos pêcheries artisanales, qui sont souvent des vecteurs économiques majeurs dans certaines zones côtières, s'attachent à respecter des règles qui garantissent la durabilité de leurs activités. Une politique de label européen dans le secteur de la pêche permettrait de promouvoir le développement économique des communautés côtières et de reconnaître le soin particulier apporté par nos pêcheurs à la qualité des produits fournis aux consommateurs ».
Le représentant de la Commission a souligné qu'avant de présenter, début 2016, une proposition sur un écolabel des produits de la pêche deux actions pilotes étaient en cours, l'une sur les dénominations commerciales (il en existe plus de 2 000 en Espagne, NdlR), l'autre sur les allégations marquées sur l'étiquetage (pauvre en graisse, riches en Omega 3…). Il a aussi rappelé qu'une enquête sur 4 500 produits de poissons blancs avait conclu à un taux d'irrégularités de 6% en matière d'étiquetage (EUROPE 11446).
Hans Nieuwenhuis, de Marine Stewardship Council, a fourni des éléments sur le système de label écologique en soulignant qu'il devrait garantir la transparence, l'indépendance et la crédibilité de la procédure de certification. Lasse Gustavsson, directeur à Oceana, a présenté les résultats d'une étude menée dans certains restaurants à Bruxelles et dans les institutions européennes, concluant à de nombreuses erreurs sur l'étiquetage des poissons servis (EUROPE 11423).
António Marinho e Pinto (ADLE, portugais) a dit qu'il ne comprenait pas pourquoi la substitution du cabillaud par du pangasius n'émouvait personne, alors que la substitution de la viande bovine par de la viande de cheval avait fait scandale. (Lionel Changeur)