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Bulletin Quotidien Europe N° 11407
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La conférence de haut niveau sur la migration exprime son soutien aux pays touchés

Luxembourg/Bruxelles, 09/10/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de l'UE, des pays des Balkans, de la Jordanie, du Liban et de la Turquie ont souligné leur volonté de renforcer leur soutien au pays voisins de la Syrie et aux pays de départ et de transit des réfugiés, et à s'attaquer aux causes de la migration, jeudi 8 octobre à Luxembourg lors de la Conférence de haut niveau sur la migration. Pleine de bonnes intentions, la déclaration finale qu'ils ont adoptée ne fait aucune annonce concrète.

« Nous avons tout particulièrement honoré les efforts des pays limitrophes qui portent un très très lourd fardeau. (…) Nous avons honoré cet effort surdimensionné. Il faut être vigilants quant à l'impact (de l'afflux de réfugiés, NDLR) sur les sociétés dans ces pays », a expliqué le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn. Les ministres ont ainsi décidé de renforcer leur soutien envers les réfugiés, les déplacés ou les gouvernements hôtes et communautés d'accueil, en Turquie, au Liban, en Jordanie mais aussi en Irak et en Syrie. Ce soutien se matérialisera à travers la poursuite de l'aide humanitaire d'urgence et d'une aide à plus long terme pour l'intégration des personnes déplacées. L'accès dans les pays concernés à l'éduction et au marché du travail, aux possibilités d'emploi et aux services de base des réfugiés doit être amélioré, ajoutent-ils.

Les ministres vont aussi accroître les investissements dans l'amélioration des conditions socio-économiques des pays d'origine des migrants en situation irrégulière. « Il faut donner la priorité à la lutte contre la pauvreté et les inégalités », a justifié M. Asselborn. Les participants ont annoncé, dans les pays de transit touchés, une aide à la fourniture d'une assistance humanitaire de 1ère ligne aux réfugiés, aux demandeurs d'asile et des migrants en transit. Afin de mieux aider les pays des Balkans occidentaux, pays de transit, l'UE a proposé d'étendre la portée du Fonds fiduciaire pour la Syrie à ces pays.

Enfin, les ministres sont revenus sur les causes des déplacements forcés. Afin de « combattre les causes structurelles de l'instabilité d'une manière globale », les ministres comptent « intensifier » leur engagement diplomatique sur la scène internationale pour parvenir à une solution politique au conflit en Syrie, « qui comprendrait un retour en toute sécurité des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur du pays ». Ils intensifieront leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme et les groupes extrémistes violents, « en particulier contre l'organisation État islamique » et pour contribuer à la stabilité politique en Afghanistan et en Irak.

Rétablir le calme après le chaos du mois de septembre

Cette conférence de haut niveau visait aussi à apaiser les tensions entre l'UE et les pays des Balkans occidentaux notamment après les incidents à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, la Hongrie ayant empêché des milliers de migrants de rejoindre son territoire en érigeant une clôture de barbelés. Sur le plan de la gestion de l'immigration, la déclaration stipule que les pays des Balkans doivent améliorer la prise en charge de ces réfugiés, leurs conditions d'enregistrement et les conditions d'accueil. L'UE s'engage aussi à aider ces pays à faire ce travail, son objectif étant que les pays des Balkans régulent les flux d'arrivées de migrants et demandeurs d'asile vers l'UE. Mais pas « pour les empêcher de venir dans l'UE », a dit une source luxembourgeoise, jeudi. L'intention n'est pas non plus de demander à ces pays de garder les réfugiés chez eux.

La déclaration adoptée stipule en tout cas que les pays de transit doivent renforcer la gestion de leurs frontières et assurer le retour sur leur territoire des personnes ne pouvant pas prétendre à la protection internationale. Ces pays sont aussi incités à lutter contre les passeurs et la criminalité organisée.

Selon cette source, un pays des Balkans (la Serbie ?) aurait exprimé sa déception quant à cette déclaration jugée insuffisante. La liste européenne des pays d'origine sûrs, sur laquelle figurent à ce stade les pays des Balkans et la Turquie dans la version de la Commission, n'a en tout cas pas été évoquée, l'idée étant seulement de se concentrer sur ces pays devenus des pays de transit pour les réfugiés et non sur le problème que posent à l'UE les ressortissants des pays des Balkans, accusés de déposer de fausses demandes d'asile.

Dévoilé en début de semaine, le plan d'action UE/Turquie sur la migration de la Commission n'a pas été discuté (EUROPE 11403 et 11404). La Présidence du Conseil de l'UE attend que la Commission lui présente ce plan afin que les ministres puissent commencer à en débattre. (Camille-Cerise Gessant et Solenn Paulic)

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