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Bulletin Quotidien Europe N° 11407
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Début des négociations de libre-échange le 13 octobre

Bruxelles, 09/10/2015 (Agence Europe) - L'UE et la Tunisie lanceront formellement, mardi 13 octobre, leurs négociations pour un accord de libre-échange. La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, qui se rendra à Tunis pour donner elle-même ce coup d'envoi avec le ministre tunisien du commerce, Ridha Lahouel, a expliqué, vendredi 9 octobre, que l'UE veut, à travers cette négociation, marquer son soutien aux réformes politiques et économiques en Tunisie.

« C'est un signal important à donner en ce moment à la Tunisie: nous sommes à vos côtés pour soutenir les réformes économiques et politiques que vous entreprenez dans cette situation fragile », a-t-elle déclaré, dans un entretien à l'AFP. Il s'agit de « montrer à la Tunisie que nous sommes ses amis, ses alliés » et qu'après les tragiques attaques terroristes du Bardo et de Sousse, il est « important de ne pas lui tourner le dos ». « C'est exactement le bon moment » pour commencer ces négociations, a-t-elle insisté.

Rétrospectivement, « les chercheurs constateront que l'Europe n'a pas fait assez pour soutenir la révolution démocratique en Tunisie. Tout le monde a été pris par surprise », a estimé Mme Malmström. Cet accord de libre-échange, « c'est une partie de notre soutien », a poursuivi la commissaire, plaidant pour le renforcement de la mobilité et la facilitation des visas. « L'accord d'association UE/Tunisie noué il y a vingt ans était une bonne chose, maintenant il faut aller plus avant. Il faut intensifier la coopération dans de nombreux domaines, les échanges d'étudiants, la coopération dans la recherche », a-t-elle ajouté.

Face à certaines craintes de voir l'économie tunisienne s'ouvrir trop vite, Mme Malström a souligné que l'UE était « bien consciente des nombreuses sensibilités ». « Il s'agit d'un accord asymétrique qui ouvre davantage nos marchés et prend soin de protéger certains secteurs très fragiles en Tunisie, il y aura des délais très longs pour permettre aux Tunisiens de s'adapter, pour l'agriculture par exemple », a-t-elle précisé.

À cet égard, l'initiative de l'UE, annoncée en septembre, d'offrir un accès temporaire supplémentaire au marché européen pour l'huile d'olive tunisienne entre début 2016 et fin 2017 est « un premier pas ». L'huile d'olive est la principale exportation agricole de la Tunisie vers l'UE et joue un rôle essentiel dans l'économie du pays, assurant un million d'emplois directs et indirects (20% de l'emploi agricole).

L'UE est le premier partenaire commercial de la Tunisie qui est, elle, le 34ème partenaire de l'UE. Selon les chiffres de la Commission, l'UE a exporté pour 11 milliards d'euros de marchandises vers la Tunisie et en a importé pour 9,4 milliards d'euros en 2014, soit un excédent de 1,6 milliard d'euros.

Les importations de l'UE depuis la Tunisie sont dominées par les machines et matériels de transport (38,1%), les textiles et l'habillement (24,9%) et les combustibles et produits miniers (14%). Les exportations de l'UE vers la Tunisie sont dominées par les machines et matériels de transport (34,9%), les combustibles et les produits miniers (14,4%), les textiles et l'habillement (12,4%) et les produits chimiques (7,7%).

Les stocks d'investissement direct étranger (IDE) de l'UE en Tunisie, qui atteignaient 2,6 milliards d'euros en 2013, se concentrent dans le réseau d'infrastructures et le secteur du textile et de l'habillement. Les stocks d'IDE de la Tunisie dans l'UE atteignaient 0,3 milliard d'euros en 2013. (Emmanuel Hagry et Fathi B'Chir)

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