Bruxelles, 09/10/2015 (Agence Europe) - Malgré la directive européenne de 2006 sur l'égalité des sexes sur le marché du travail, « les différences de rémunération entre hommes et femmes persistent et sont même de plus en plus grandes », soulignent les députés du Parlement européen dans une résolution adoptée jeudi 8 octobre par 344 voix pour, 156 contre et 68 abstentions.
Ils demandent dès lors à la Commission européenne de proposer une nouvelle législation « prévoyant des moyens plus efficaces pour superviser la mise en oeuvre et l'application dans les États membres ». Pour la rapporteur Anna Záborská (PPE, slovaque), « l'égalité de rémunération pour un travail égal est un principe juste qui doit être valorisé par tous les employeurs. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas, c'est pourquoi nous avons besoin d'une meilleure législation ».
Les États membres sont souvent lents à appliquer et faire respecter le principe d'égalité de rémunération et les écarts de salaire et de pensions entre les sexes avoisinent respectivement, en moyenne, 16,4% et 38,5% (en 2013), selon les chiffres d'Eurostat, l'office statistique de l'UE, avec des différences significatives entre les pays. Seuls deux États membres, les Pays-Bas et la France, ont transposé le texte en droit national, de façon « suffisamment claire et correcte », souligne la résolution. L'écart de rémunération entre les sexes est le plus grand en Estonie, en Autriche, en Allemagne, en République tchèque et en Slovaquie, alors qu'il est le plus faible en Pologne, en Italie, à Malte et en Slovénie.
Pour combler l'écart de rémunération, les députés proposent des audits salariaux obligatoires pour les grandes entreprises cotées en bourse et des sanctions possibles au niveau de l'UE en cas de non-conformité. La résolution appelle en outre à d'autres actions comme une classification et une évaluation harmonisée des emplois neutres par rapport au critère du sexe, des critères objectifs pour comparer le travail à « valeur égale », la transparence des salaires (pour révéler les préjugés sexistes et la discrimination salariale), l'aide juridique gratuite pour les victimes de discrimination, l'interdiction de toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, l'identité de genre ou le changement de sexe, la conciliation du travail et de la vie privée (protection des droits liés à la maternité, empêchant le licenciement abusif pendant la grossesse) et des mesures positives pour intensifier la participation des femmes au processus décisionnel. (Isabelle Lamberty)