Strasbourg, 10/06/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a salué, mercredi 10 juin, les élections générales du 7 juin en Turquie, tout en appelant le pays à faire des efforts concernant l'État de droit, en particulier pour garantir le respect de la liberté des médias, la liberté d'expression et l'indépendance du système judiciaire, et dans la lutte contre la corruption.
Dans la résolution sur le rapport de suivi 2014 de la Turquie de Kati Piri (S&D, néerlandaise), qu'ils ont adoptée par 437 voix pour, 94 contre et 127 abstentions, les députés se félicitent de l'élection du Parlement « le plus inclusif et le plus représentatif de l'histoire moderne de la Turquie ». Ils invitent « tous les partis politiques à oeuvrer à la mise en place d'un gouvernement stable et inclusif dans le but de relancer le processus de démocratisation de la Turquie et le dialogue sur les réformes avec l'UE ».
Le Parlement demande d'ailleurs à Ankara de mettre « le processus de réforme au centre de ses priorités nationales ». « Une nouvelle Constitution fondée sur des dispositions visant à promouvoir une société pluraliste, inclusive et tolérante irait dans le sens du processus de réforme et permettrait un meilleur ancrage des libertés fondamentales et de l'État de droit », insistent les députés. Le PE souligne aussi sa préoccupation par le haut degré de polarisation politique. Les députés demandent au Conseil d'engager, « dès que les critères établis auront été remplis, des négociations sur le pouvoir judiciaire et les droits fondamentaux ainsi que sur la justice, la liberté et la sécurité ».
Le Parlement insiste aussi sur « l'importance d'une intensification du dialogue et des consultations de haut niveau entre l'Union et la Turquie sur les questions de politique étrangère et de sécurité » afin que ces politiques soient complémentaires. Ils citent ainsi la lutte contre le terrorisme ou encore les questions migratoires. La Turquie doit mettre progressivement sa politique étrangère en conformité avec celle de l'UE, poursuivent les députés. « Le ministre turc des Affaires étrangères devrait être invité à assister (…) aux réunions du Conseil 'Affaires étrangères' », ajoutent-ils, estimant aussi qu'un cadre « propice à un dialogue structuré, une coopération et une coordination dans le domaine de la politique étrangère, de sécurité et de défense, est nécessaire ».
Les députés appellent également la Turquie à prendre les mesures nécessaires pour normaliser ses relations avec la République de Chypre et de mettre un terme aux violations répétées de l'espace aérien et des eaux territoriales grecs. (Camille-Cerise Gessant)