Strasbourg, 10/06/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a rejeté, mercredi 10 juin à Strasbourg et à une faible majorité (315 voix contre, 277 pour et 111 abstentions), le rapport d'Algirdas Saudargas (PPE, lituanien) sur la stratégie pour la sécurité énergétique de l'UE, mise sur la table par la Commission européenne en mai 2014.
« Nous ne pouvons que regretter qu'il n'y ait pas suffisamment de volonté politique d'avoir une stratégie pour la sécurité énergétique de l'UE. Cela montre aussi que la route pour créer l'Union de l'énergie sera longue et difficile », a déploré M. Saudargas, après le vote.
Mercredi, les différents groupes politiques ont été incapables de s'entendre sur le projet de résolution adopté début mai par la commission de l'industrie et de l'énergie. Si les groupes ALDE et S&D ont voté en faveur de la résolution, M. Saudargas a été soutenu par seulement 42 députés de son groupe, puisque 166 parmi les 208 députés du PPE votants ont voté contre (73) son rapport ou se sont abstenus (93).
D'après une source proche du dossier, l'adoption de l'amendement 1 déposé par les groupes S&D, Verts/ALE et EFDD et demandant un moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste en Europe est une des raisons pour lesquelles la majeure partie du PPE a voté contre le rapport 'Saudargas'. Mais pas seulement. Une grande partie des députés du groupe PPE n'a pas soutenu la réaffirmation de la position du PE en faveur d'objectifs contraignants à l'horizon 2030 pour la réduction des émissions de CO2, la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE et l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Le groupe CRE a voté contre un rapport qu'il jugeait aller trop loin et avoir des lacunes en matière de subsidiarité. Les groupes Verts/ALE et EFDD ont, quant à eux, jugé que le rapport 'Saudargas' était trop concentré sur les combustibles fossiles et le nucléaire. Malgré l'adoption de leur amendement sur le moratoire pour le gaz de schiste, les écologistes ont voté contre le rapport 'Saudargas' après le rejet de leur amendement sur l'élimination des aides publiques au nucléaire.
La stratégie sur la sécurité énergétique de l'UE vise, à court terme, à renforcer la résilience de l'UE, qui est dépendante à 53% de l'énergie importée, aux chocs et ruptures d'approvisionnement, et, à long terme, à réduire la dépendance vis-à-vis de certains combustibles, fournisseurs et routes d'approvisionnement. Elle prévoit des mesures pour améliorer l'efficacité énergétique, accroître la production domestique, diversifier les voies et sources d'approvisionnement et mettre en place les infrastructures manquantes. Elle recommande aussi de 'parler d'une seule voix' sur la scène internationale et de consolider les mécanismes d'urgence et de solidarité (EUROPE 11090). (Emmanuel Hagry)