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Bulletin Quotidien Europe N° 11332
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Possible rencontre avec A. Tsipras, J-C Juncker passe son tour

Bruxelles, 10/06/2015 (Agence Europe) - Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne devait pas participer, mercredi 10 juin, à une possible réunion entre le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et ses homologues français et allemand, en marge d'un Sommet UE-Amérique latine.

Cette réunion n'était pas confirmée de manière officielle à l'ouverture du sommet, mais les deux dirigeants ont affirmé être prêts à rencontrer M. Tsipras, si celui-ci le demandait.

Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a expliqué que le seul engagement officiel de M. Juncker était sa participation au sommet. M. Schinas a expliqué que le travail technique devait se poursuivre avec les Grecs afin d'essayer de rapprocher les différentes positions, vers un accord qui devra être avalisé à l'unanimité des États de l'eurozone, a-t-il rappelé. « Pour ce dernier effort, la Commission est d'avis que la balle est clairement dans le camp du gouvernement grec, qui doit donner un suivi à l'accord marqué lors d'une précédente réunion avec M. Juncker », le 3 juin dernier, a déclaré M. Schinas.

Selon M. Schinas, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a informé les représentants grecs mardi dans l'après-midi que les suggestions envoyées plus tôt dans la journée par leurs soins « ne reflétaient pas l'état des discussions » qui se sont tenues entre M. Tsipras et M. Juncker et entre M. Moscovici et les ministres Nikos Pappas et Euclid Tsakalotos lundi.

Si elle était ouverte à une discussion avec M. Tsipras, la chancelière allemande, Angela Merkel a tout de même rappelé que le travail devait se poursuivre avec les trois 'institutions' (Commission, BCE, FMI). « Chaque jour compte », a-t-elle déclaré à son arrivée à Bruxelles. De son côté, le président français, François Hollande, a estimé qu'il fallait avoir un seul message à l'adresse des Grecs: « Il faut maintenant aller vite, ne pas laisser trainer, ne pas laisser penser à des solutions qui seraient mauvaises et pour la Grèce et pour l'Union européenne et pour la zone Euro (…). Travaillons, allons vite et concluons ».

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a déclaré au Tagesspiegel que les institutions n'avaient fait « aucune concession ». « Ce qui a été présenté par M. Juncker, avec le soutien de Mme Merkel et de M. Hollande, était un retour à la position de départ, comme si les négociations n'avaient jamais eu lieu », a expliqué M. Varoufakis. Et de lister les concessions de la partie grecque, qui a offert aux créanciers des « excédents primaires » auxquels M. Varoufakis « ne croit pas », et une hausse de la TVA « qui sera problématique pour nous ».

L'Eurogroupe veut un accord global pour accepter de débourser des fonds. Mais, pour la Grèce, devront également figurer dans un accord global une restructuration de la dette et un programme d'investissement, a déclaré M. Varoufakis. Selon lui, l'idée grecque de demander au Mécanisme européen de stabilité (MES) de rembourser les obligations détenues par la BCE (6,9 millions d'euros arrivant à échéance cet été) consisterait en un échange d'obligations interne à la 'troïka' (intra-troika debt swap), et il ne s'agira pas de demander un euro de plus pour l'État grec. Cette dette à la BCE empêche la Grèce d'avoir accès à l'assouplissement quantitatif de la BCE. « C'est comme une pierre, empêchant la Grèce de retourner sur les marchés », a considéré le ministre grec. Ce 'swap' permettrait à la Grèce de retourner sur les marchés. M. Varoufakis a en outre déploré cette situation où la Grèce ne peut légiférer car ce serait perçu comme « une action unilatérale » et empoisonnerait les négociations. (Elodie Lamer)

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