Bruxelles, 10/06/2015 (Agence Europe) - L'Institut européen pour l'égalité des genres (EIGE) a publié, mardi 9 juin, une étude dans laquelle il développe une méthodologie pour estimer les risques de mutilations génitales féminines dans les États membres de l'Union européenne. « Il peut être très utile pour les décideurs politiques d'être capables d'estimer le nombre de jeunes filles à risque pour les mutilations génitales féminines, non seulement pour la planification et la mise en oeuvre de politiques d'asile et d'immigration, mais aussi pour prendre des mesures et concevoir des activités pour l'intégration sociale », a déclaré Virginija Langbakk, directrice de l'EIGE. La méthodologie est actuellement testée en Irlande, au Portugal et en Suède.
Les conclusions de l'étude mettent en évidence l'importance de la coopération entre les gouvernements et les communautés pour prévenir les pratiques de mutilations génitales féminines en Europe et au-delà de ses frontières. Pour argumenter leurs propos, les auteurs ont mis en parallèle une série de statistiques estimant la prévalence des mutilations génitales féminines dans les pays du monde qui les pratiquent avec des données analysant la présence des femmes des pays concernés sur le territoire de l'Union européenne. L'étude se base par ailleurs sur les conclusions de groupe de discussions évaluant les comportements des migrants vis-à-vis des mutilations génitales féminines et la manière dont les mentalités peuvent évoluer au fil du temps.
L'étude souligne par ailleurs que de plus de plus d'États membres améliorent leur cadre juridique et politique en la matière. La Finlande, l'Italie et le Portugal sont actuellement en train de mettre en oeuvre des plans d'action nationaux pour combattre spécifiquement les mutilations génitales féminines alors que la Belgique, la Croatie, la France, la Slovaquie, l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Irlande ont inclus des mesures à cette fin dans des plans d'actions nationaux existants et mettent en place des campagnes d'informations sur le sujet. (Isabelle Lamberty)