Bruxelles, 02/03/2015 (Agence Europe) - Le commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA), Pierre Krähenbühl, a appelé, lundi 2 mars, à un plus grand engagement politique et diplomatique de la part de l'UE au Proche-Orient. L'Europe doit se préoccuper du Moyen-Orient et de la situation de Gaza, a-t-il expliqué à la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
« Il n'y a rien de plus important que l'exercice d'un engagement, d'une action politique pour traiter les causes politiques de la situation régionale. Cela ne peut prendre que la forme d'un dialogue, avec vous, avec les parties prenantes, avec une contribution majeure de l'UE à ce processus », a-t-il souligné, ajoutant également que « des initiatives étaient nécessaires sur un plan politique de la part de différents acteurs ». Précisant que 65% de la population de Gaza avait moins de 25 ans, il a considéré que cela représentait « une véritable bombe à retardement », car ces jeunes sont éduqués, mais n'ont aucune perspective d'avenir. « Quel est le coût pour la prochaine décennie de ne pas s'asseoir à la même table pour régler le conflit ? », s'est interrogé M. Krähenbühl. « Pensez-vous à un conflit où l'absence politique a entrainé moins de radicalisation ? Non ! Le coût de ne pas s'impliquer politiquement est énorme », a-t-il averti.
M. Krähenbühl a demandé un « soutien institutionnel » à son agence, qui fête cette année ses 65 ans d'existence, « aussi bien d'un point de vue politique que financier ». Il a expliqué que l'UNRWA avait besoin de 720 millions de dollars pour reconstruire Gaza, qu'elle en avait pour l'instant touché 125 dont 100 avaient déjà été décaissés. Faute de fonds, elle a dû suspendre son programme de reconstruction. Le commissaire général a ajouté que, si en 2000, 80 000 personnes bénéficiaient à Gaza de l'aide alimentaire de l'UNRWA, elles étaient désormais 860 000 « après 7-8 ans de blocus ». Un chiffre qu'il a considéré « honteux » au vu d'une population de Gaza de 1,5 million de personnes, « sans ajouter celles qui dépendent de l'aide du programme alimentaire mondial ». (Camille-Cerise Gessant)