Bruxelles, 02/03/2015 (Agence Europe) - À défaut d'une réaction ex-post à la publication du paquet pour l'Union de l'énergie, mis sur la table par la Commission, mercredi 25 février, l'association pour l'industrie nucléaire en Europe, Foratom, a fait savoir, le jour même, que sa position était en ligne avec celle exprimée par les ministres de l'Énergie de huit États membres - France, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie et Slovénie - dans un courrier adressée à l'exécutif européen avant cette publication, et demandant de reconnaître le rôle important du nucléaire dans l'Union de l'énergie.
Dans leur courrier, les ministres de ces huit pays insistaient sur la contribution du nucléaire en termes de sécurité d'approvisionnement, d'atténuation du changement climatique et de compétitivité. Ils invitaient la Commission à prévoir des initiatives pour élaborer un cadre européen qui soutienne de nouvelles centrales nucléaires sûres et durables, incluant un engagement à examiner la possibilité d'appliquer des mécanismes de financement pour les grands projets d'infrastructures aux projets nucléaires comme pour d'autres projets d'infrastructures énergétiques sobres en carbone. En outre, les ministres demandaient à la Commission de développer des règles d'aides d'État claires applicables au nucléaire en prenant en compte les décisions en la matière prises antérieurement. Un nouvel ensemble de lignes directrices sur les aides d'État devrait être adopté en 2019. Dans sa décision concernant l'affaire Hinkley-Point C, en octobre 2014, la Commission a conclu que l'énergie nucléaire souffre d'une « défaillance du marché » plus que toute autre source d'énergie, en raison de son horizon de temps plus long et d'investissements requis plus massifs, rappelle Foratom. Enfin, les ministres insistaient sur la nécessité de présenter dès que possible la mise en oeuvre de la réforme de l'ETS et ils demandaient à la Commission de définir des initiatives de recherche et d'innovation pour aider à renforcer les compétences, la technologie et la sûreté nucléaire et les capacités de démantèlement en Europe.
Exploiter le potentiel domestique, selon Westinghouse. « L'Union de l'énergie peut injecter un sens renouvelé de fierté dans la force de l'Europe. En misant sur ses forces intérieures, l'UE peut aller de l'avant d'une manière plus économe en ressources et plus rentable », a réagi le leader mondial de la technologie nucléaire, Westinghouse, le 25 février. Pour la firme américaine, l'UE a au moins quatre raisons d'être optimiste quant à son avenir énergétique: - la forte production domestique d'électricité nucléaire (29%) et sans carbone (53%) ; - le vaste réseau de transport existant, mais qu'il faut moderniser ; - la présence de grands acteurs de l'énergie en mesure de rivaliser sur les marchés mondiaux ; - un vaste marché à exploiter pour les producteurs d'énergie et de services énergétiques en faisant appel à l'innovation. (Emmanuel Hagry)