Bruxelles, 02/03/2015 (Agence Europe) - Les commissions des affaires économiques et monétaires et desbudgets du Parlement européen ont planché, lundi 2 mars, sur les finalités et les modalités du plan 'Juncker' censé attirer 315 milliards d'euros d'investissements privés sur 3 ans (EUROPE 11264).
En introduction aux débats, plusieurs experts ont fait part d'avis partagés sur l'opportunité de créer, d'ici à l'été, un Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) sous l'égide de la BEI.
L'ancien président de la BEI, le Belge Philippe Maystadt, a estimé « impératif » de faire tout ce qui est possible pour que le plan 'Juncker' réussisse, tout en rappelant que l'initiative européenne comporte trois piliers: la création du FEIS, la mise sur pied d'une plate-forme commune d'assistance technique pour les promoteurs de projets et l'achèvement du marché unique dans des secteurs tels que l'énergie et les transports. Afin d'attirer les investisseurs privés, le BEI ne devrait peut-être pas jouir d'un statut 'senior' en matière de remboursement des prêts, a-t-il indiqué. En outre, certains investissements labellisés 'plan Juncker' devant bénéficier d'une aide publique substantielle des États membres, M. Maystadt a estimé que cette contribution nationale devrait être neutre au regard du Pacte de stabilité et de croissance pour tous les États membres et pas seulement pour les pays hors procédure pour déficit excessif (EUROPE 11229).
Prenant le contre-pied des précédents intervenants s'exprimant en faveur du plan 'Juncker', l'économiste britannique Stuart Holland, Professeur à l'Université de Coimbra, a jugé « inutile » la création du FEIS. Les instruments qui permettraient une reprise économique basée sur l'investissement sans plomber la dette publique existent déjà au sein du Groupe BEI, a-t-il considéré. (Mathieu Bion)