Bruxelles, 02/03/2015 (Agence Europe) - Une éducation mieux adaptée aux besoins du marché du travail - incluant l'éducation en alternance, une formation professionnelle plus accessible et le développement de la formation non formelle - est nécessaire en Europe. C'est ce qu'ont affirmé, en substance, les participants à une audition publique organisée jeudi 26 février par la commission de la culture et de l'éducation (CULT) conjointement avec la commission de l'emploi et des affaires sociales (EMPL) et consacrée à l'éducation en alternance et à la formation professionnelle comme clés pour lutter contre la pauvreté et le chômage des jeunes. Les députés ont accueilli plusieurs représentants d'organisations et d'institutions actives dans le domaine de l'éducation non formelle venus raconter leur expérience et leur vécu.
Marita Ulvskog (S&D, suédoise), vice-présidente de la commission EMPL, a souligné le paradoxe grandissant en matière d'emploi dans l'Union européenne, avec une demande du marché pour des gens de plus en plus qualifiés et un manque de qualifications du côté des demandeurs d'emploi. « Ces dysfonctionnements devront être résolus (…) Il faudra des échanges d'expériences pour voir ce qui va le mieux (…) plus de coopération entre les universités et les entreprises, veiller à l'éducation tout au long de la vie (…) de meilleurs systèmes et services d'accompagnement de la carrière », a déclaré Mme Ulvskog. La présidente de la commission CULT, Silvia Costa (S&D, italienne), a enchaîné: « Sans investissements importants et une adaptation des systèmes éducatifs il n'y aura pas de croissance inclusive et durable (…) On doit faire en sorte que de plus en plus d'États membres s'investissent dans un certain nombre de pistes et supprimer les inégalités dans les études et la déscolarisation en misant sur le savoir-faire ». La députée a également demandé plus de reconnaissance des compétences acquises dans le milieu informel et une transparence réciproque des diplômes.
Les représentants des organisations présents ont tous souligné l'importance de systèmes d'éducation qui permettent l'acquisition non seulement de connaissances théoriques et formelles, mais surtout de nouvelles compétences demandées aujourd'hui sur le marché du travail: compétences numériques, compétences et aptitudes sociales, de communication et d'entrepreneuriat. Selon eux, ces éléments sont indispensables pour éviter la pauvreté et le chômage des jeunes, causés principalement par l'inadéquation de leur éducation aux besoins actuels du marché. Parmi les autres éléments essentiels soulignés pendant les débats figurent le partenariat et la collaboration entre les gouvernements et les responsables locaux, d'une part, et les entreprises et les acteurs sociaux, d'autre part, afin de créer et mettre en place des systèmes de formation sur le lieu de travail ou des programmes alternatifs pour éviter le décrochage scolaire, ou de favoriser la réintégration des systèmes de formation. (Isabelle Lamberty)