Bruxelles, 02/03/2015 (Agence Europe) - La conférence internationale de haut niveau sur Ebola, accueillie par l'UE mardi 3 mars à Bruxelles, ne sera pas une conférence des donateurs, mais sera néanmoins décisive. Elle a vocation à faire le point de la situation pour centrer la réponse collective à cette épidémie sur deux objectifs: éradiquer la maladie et soutenir les pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés à se relever économiquement ont précisé, mardi, de hauts fonctionnaires de l'UE, à la presse (EUROPE 11255).
Le 'plan harmonisé de riposte à Ebola et de relance économique' de la Sierra Leone, du Libéria et de la Guinée sera présenté à cet événement coprésidé par ces trois pays, par le Togo en sa qualité de coordonnateur de la lutte contre le virus au sein de la CEDEAO, par les Nations unies et l'Union africaine.
Objectif 'zéro infection', très difficile. Si le nombre hebdomadaire de cas d'infections est passé de 300 au pic de l'épidémie à moins d'une trentaine aujourd'hui, il existe encore des régions à risque, comme la Guinée côtière où l'apparition de cas aléatoires appelle à la vigilance et à un modèle d'intervention décentralisée permettant d'envoyer « plus de personnel dans ces zones-là ».
« Le nombre d'infections par semaine a baissé de manière significative, mais pour arriver à zéro infection ce sera très difficile. Il faut rester concentré sur l'objectif zéro. L'idée est de renvoyer le virus à son réservoir animal, d'arrêter la transmission d'homme à homme », a averti un haut fonctionnaire. Il conviendra donc d'identifier s'il manque des financements, mais aussi de garantir que la transition de l'aide d'urgence au développement se fasse au mieux. « Les pays ont perdu 12% de leur PIB et 58% des ressources du secteur de la santé ont été déplacées pour faire front contre Ebola, en mettant de côté le Sida et d'autres maladies », a-t-il rappelé. L'aide au renforcement des capacités des systèmes de santé à long terme de ces pays sera déterminante.
Renforcer les systèmes de santé. Les ministres de la Santé des pays ACP (Afrique/Caraïbes/ Pacifique), réunis pour la deuxième fois jeudi 26 février à Bruxelles, ont eux-mêmes souligné que les gouvernements et les partenaires de développement doivent accroître leur appui au renforcement des systèmes de santé des États vulnérables - une nécessité que les effets dévastateurs des épidémies d'Ebola ont clairement démontrée.
L'UE a engagé plus de 1,2 milliard d'euros d'aide. Sur ce montant, la Commission a engagé 414 millions d'euros (dont plus de 210 millions d'aide au développement et d'aide à la réhabilitation précoce via l'appui budgétaire direct). « L'UE a fourni une aide dans le respect du calendrier. Les annonces de contributions ont été respectées et les contrats ont été correctement mis en oeuvre. Ce sera notre message demain », ont annoncé les hauts fonctionnaires.
Au niveau international, des promesses de dons pour 4,9 milliards d'euros ont été faites et le montant des dépenses à ce jour s'élève à 2,4 milliards. « Ce ne sera pas une conférence de levée de fonds, mais les pays qui ont promis de l'argent seront invités à concrétiser leurs engagements. En avril, lors de la réunion de la Banque mondiale à Washington, nous espérons qu'il y aura alors une nouvelle levée de fonds ». (Aminata Niang)