Bruxelles, 05/02/2015 (Agence Europe) - 2015, date butoir pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), est une année cruciale pour la négociation des objectifs mondiaux universels de développement durable qui leur succéderont. Pour servir de base à la position que défendra l'UE dans la poursuite de cette négociation internationale censée aboutir en septembre prochain, la Commission européenne a précisé, jeudi 5 février, sa propre vision des efforts à accomplir pour tous les pays du monde - dont les pays de l'Union européenne.
Sa communication 'sur un partenariat mondial en faveur de l'éradication de la pauvreté et du développement durable pour l'après-2015' énonce les principes prépondérants devant guider ce futur partenariat et les composantes clés nécessaires à sa mise en oeuvre, en termes d'actions internationales et européennes, mais aussi en termes de financement. Car il convient de préparer à la fois la 3ème conférence onusienne sur le financement du développement qui se tiendra à Addis Abeba en juillet 2015 et de poursuivre les discussions avec les partenaires internationaux visant à arrêter, en septembre 2015 à New York, le programme mondial post-2015, lors de la soixante-neuvième Assemblée générale de l'ONU (EUROPE 11219 et 11217).
« L'UE continuera à s'engager de manière constructive aux côtés de ses partenaires lors des négociations à venir et est résolue à jouer pleinement son rôle dans la mise en oeuvre de ce programme », a assuré Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, dans un communiqué.
Neven Mimica, commissaire à la Coopération internationale et au Développement, a indiqué à la presse européenne que le futur cadre devrait être universel et s'appliquer à tous, sur la base d'un partenariat entre l'ensemble des pays, la société civile et le secteur privé. Tous les pays devraient contribuer équitablement aux efforts mondiaux et rendre des comptes à leurs citoyens comme à la communauté internationale. Les pays, quel que soit leur stade de développement, doivent s'engager et prendre leurs responsabilités, et un engagement politique au plus haut niveau sera requis. Les droits de l'homme, la bonne gouvernance et la primauté du droit, l'appui aux institutions démocratiques, la participation de tous, la non-discrimination et l'égalité entre hommes et femmes seront les grands principes fondateurs du cadre.
« Notre message est que cette année doit devenir un changement de paradigme pour rationaliser et stimuler les efforts au niveau mondial. Bon nombre d'efforts communs devront être consentis pour atteindre le développement durable: éradiquer la pauvreté, assurer un développement durable et inclusif, assurer la protection de tous les droits de l'homme et les valeurs fondamentales. Il nous faudra une bonne gouvernance et un bon mix de politiques », a déclaré le commissaire.
La Commission fait des propositions sur la manière dont tous les pays contribueront, mais aussi sur un suivi du processus. Le financement nécessitera l'utilisation judicieuse des financements publics qui continueront à jouer un rôle clé pour l'aide aux pays en développement. Relayant l'appel du Secrétaire général de l'ONU, la Commission invite tous les pays développés à allouer 0,7% de leur RNB à l'aide publique au développement et propose que tous les pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure et toutes les économies émergentes accroissent leur contribution et se fixent, comme l'a déjà fait l'UE, des objectifs et des calendriers précis. « Mais d'autres politiques peuvent jouer leur rôle, comme la politique commerciale, les sciences et les technologies, le concours du secteur privé et la canalisation des effets positifs de la migration », a précisé M. Mimica.
En matière de développement durable, la communication précise ce qu'il reste à faire, à savoir:
mobiliser le secteur privé, identifier des cycles de production plus durables, rester fidèles aux engagements de l'UE et en assurer le suivi. La Commission européenne explore, à cet égard, des pistes pour la surveillance, les responsabilités et la révision des objectifs.
Karmenu Vella, commissaire à l'Environnement et aux Affaires maritimes, a indiqué que la protection de l'eau, des océans, de la faune et de la flore est essentielle pour contribuer à éradiquer la pauvreté et constitue l'objectif de l'UE en matière de développement durable, comme ce devrait l'être au niveau mondial. « Les changements climatiques et la perte de biodiversité ont atteint un niveau historique, et ce sont les plus pauvres qui sont les plus affectés. Nous devons nous engager sur une voie inédite et travailler sur les trois dimensions du développement durable», a-t-il dit. La Commission européenne souligne que l'UE peut aider les pays, qui se lancent dans des processus d'industrialisation, à ne pas commettre les erreurs passées des pays industrialisés, en proposant des technologies innovantes et plus résilientes. « L'UE peut être le leader mondial en matière d'industrialisation durable et leader mondial pour la gouvernance des océans ». (AN)