Strasbourg, 14/01/2015 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, mercredi 14 janvier, la Présidence lettone de l'UE à faire plus en faveur d'une Europe sociale.
« Il est très important que nous nous engagions sur l'Europe sociale. Notre objectif, c'est d'assurer l'emploi », a souligné Manfred Weber (PPE, allemand) après la présentation des priorités lettones. « Je ne vous ai pas entendu parler une fois du terme cohésion ou du risque de déflation, vous n'avez pas parlé de la hausse inquiétante du chômage et de la pauvreté. Nous voulons d'autres pistes que davantage d'austérité et la Présidence lettone n'a rien dit », s'est inquiété Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, grec).
« J'ai entendu un langage comme tous les jours: réformes structurelles, responsabilité budgétaire et investissement (…). Sommes-nous élus pour satisfaire les marchés ? Ne serait-il pas intéressant de s'intéresser à la confiance de nos concitoyens dans la promesse d'une Europe avec une prospérité partagée?», a dit Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge). Pour Gianni Pittella (S&D, italien), « sans justice sociale, il n'y a pas de sécurité ».
Les députés ont aussi évoqué le dossier PNR sur lequel la Présidence veut avancer. « Nous avons besoin d'une nouvelle approche de sécurité. Nous devons passer outre la résistance des États membres et mettre en place une stratégie pour lutter contre le terrorisme », a expliqué M. Pittella.
Plusieurs députés ont insisté sur la situation dans le voisinage. « Une Ukraine stable, libre et démocratique serait un modèle important pour les autres pays du Partenariat oriental, qui montrerait que les valeurs européennes sont réelles. Grâce à cela, nous pourrions renforcer notre coopération avec d'autres pays », a estimé Roberts Zîle (CRE, letton). Iveta Grigule (N-I, lettone) a souligné qu'il était crucial de renforcer les relations avec les pays d'Asie centrale. Rolandas Paksas (ELDD, lituanien) a rappelé l'importance de l'Union de l'énergie. « Nous avons besoin (…) avant tout d'un marché de l'énergie commun », a-t-il expliqué.
Sophie in't Veld (ADLE, néerlandaise) a appelé la Présidence lettone à faire avancer les mesures bloquées au Conseil depuis des années: « C'est un triangle des Bermudes, pas un triangle vertueux. Nous voulons des actes (…). Ne parlez pas d'Europe numérique, mais du besoin d'adopter la législation sur la protection des données et sur la transparence. Le Conseil doit légiférer ». Le Premier ministre letton, Mme Laimdota Straujuma, a détaillé le programme (une UE « compétitive, numérique et engagée » dans le monde, EUROPE 11229). « Nous voulons défendre les valeurs européennes, les libertés, la sécurité, la justice et la tolérance qui caractérisent l'Europe », a-t-elle conclu. (CG)