Strasbourg, 14/01/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, a annoncé, mardi 13 janvier, que l'Union européenne était prête à apporter une assistance « utile et rationnelle » à la Libye - en proie à la violence - soulignant l'importance du dialogue entre les parties libyennes qui a repris mercredi 14 janvier à Genève. « Nous sommes prêts à aider les Libyens (…) nous disposons d'instrument mais la décision doit être prise par les Libyens eux-mêmes. Il doit y avoir un engagement commun, il n'y a pas d'alternative, sinon la Libye se rapprochera de l'effondrement total et nous ne pouvons pas nous le permettre », a-t-elle souligné lors d'un débat au Parlement européen.
Mme Mogherini a précisé que la situation en Libye serait discutée lors du Conseil Affaires étrangères du 19 janvier. Les ministres feront le point sur les discussions à Genève « pour voir ce que nous pouvons faire en cas de développement positif ou en cas d'absence totale de développement positif, quel instrument utiliser pour faire pression ou pour travailler à mettre en oeuvre les résolutions des Nations unies non encore mises en oeuvre », a-t-elle expliqué. Certaines de ces résolutions mettent en place des sanctions. « S'il y a un début de réconciliation ou un cessez-le-feu, l'UE pourra prendre des mesures pour surveiller les progrès sur le terrain », a expliqué la Haute Représentante, ajoutant que l'UE devait aussi penser à revoir le mandat de la mission civile EUBAM Libye qui expire en mai 2015.
Si l'UE est prête à fournir de l'aide, l'avenir du pays est dans les mains des Libyens. « C'est aux Libyens de définir le scénario », a expliqué Mme Mogherini. « Il faut envoyer un message clair indiquant que (la réunion à Genève) est la dernière chance de dialogue, nous ne pouvons pas la rater. Aujourd'hui, il faut tout faire pour éviter le scénario du pire », a-t-elle ajouté. La Haute Représentante a considéré que le dialogue de Genève était une « opportunité unique pour donner un avenir au pays, mettre un terme à la violence ».
Des députés pessimistes
Lors du débat, les députés européens ont fait part de leurs inquiétudes sur la situation et apporté leur soutien au dialogue. Soulignant un risque urgent d'atteindre « le point de non-retour » dans le dialogue entre les parties au conflit, la Bulgare Mariya Gabriel, au nom du PPE, a mis en garde contre une situation « bis repetita de la Syrie ». Elle a appelé à un cessez-le-feu et à l'établissement d'une feuille de route. « Si le temps est précieux, il est d'autant plus important d'utiliser le temps dont on dispose pour prévenir la dilution complète de l'État libyen. Les autorités de cet État ne fonctionnent quasi pas et on se rapproche d'une situation de 'failed state' », a souligné Victor Bostinaru (S&D, roumain). Fernando Maura-Barandiaran (ADLE, espagnol) a été tout aussi pessimiste. « La situation en Libye arrive à un point de non-retour. La négociation à Genève constitue la dernière chance pour que les factions se mettent d'accord sur un cessez-le-feu et un gouvernement d'unité national (…). S'il n'y a pas de progrès à Genève, le pays et la région courent le risque de tomber dans le plus grave des chaos », a-t-il expliqué. Comme plusieurs de ces collègues, il a considéré que cela créerait les conditions pour le développement de groupe terroriste, dont l'État islamique.
Une résolution sur la situation en Libye sera mise aux votes ce jeudi 15 janvier. (CG)