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Bulletin Quotidien Europe N° 11230
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) jai

La Commission promet de répondre au problème de la traite des migrants

Bruxelles, 14/01/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a promis, mercredi 14 janvier à Strasbourg, de renforcer son action contre les passeurs et trafiquants d'êtres humains qui se sont tristement illustrés pendant les vacances de Noël en abandonnant à plusieurs reprises aux abords des côtes européennes des cargos chargés de réfugiés syriens. Ces cargos étaient notamment partis de Turquie.

Lors d'un débat sur les 'récents cas de traite d'êtres humains en Méditerranée', le commissaire aux Migrations et aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, a déploré ces évènements et le fait que les trafiquants « trouvent de nouvelles voies et de nouvelles méthodes » pour exploiter les gens « désespérés qui veulent fuir les conflits ». Les « agences européennes et les États membres doivent accélérer leur coopération et lancer des actions communes », a dit le commissaire grec, rappelant que ces problèmes seraient traités dans l'approche globale sur les migrations que la Commission compte présenter en 2015. « La Commission examine actuellement le cadre légal contre ces trafiquants », a notamment expliqué M. Avramopoulos. L'UE est déjà dotée d'une directive sur la traite des êtres humains dans l'UE et de plusieurs outils (dont une décision-cadre) pour lutter contre le trafic de migrants. Le commissaire grec souhaite aussi que les États membres donnent plus de capacités opérationnelles aux agences. Car, pour M. Avramopoulos, la situation, compte tenu des zones de conflits persistants, « va perdurer ; il va y avoir des flux constants de migrants vers l'UE vu la situation ».

Il a d'ailleurs indiqué que plus de 276 000 migrants étaient arrivés dans l'UE en 2014, soit une augmentation de 155% par rapport à 2013. Sur ce total, 207 000 sont entrés en « franchissant la Méditerranée dans l'irrégularité », a précisé le commissaire. Et depuis septembre dernier, « plus de 12 de ces cargos sont arrivés en Europe ». Le commissaire a aussi indiqué que la coopération avec les autorités turques serait renforcée. « Étant donné que la Turquie est devenue une voie alternative pour arriver, on travaille avec les autorités pour adapter notre stratégie ». Plus généralement, on « veut discuter avec les pays tiers », notamment les pays de la Corne de l'Afrique. C'est l'objectif poursuivi entre autres par le processus de Khartoum lancé fin novembre 2014 à Rome.

Au niveau strictement européen, le commissaire a rappelé la faiblesse de l'offre d'accueil des réfugiés syriens en Europe avec 37 000 places offertes jusqu'ici, dont 30 000 par l'Allemagne. « Il est clair que l'UE doit agir plus et augmenter le nombre de réfugiés accueillis », a dit Dimitris Avramopoulos, expliquant qu'un « Forum d'accueil pour les réfugiés » avait été créé par la Commission, censé notamment plancher sur une distribution équitable des réfugiés entre les 28 pays de l'UE. Le principe d'une « clef de répartition » entre les États membres sera discuté normalement en mars par les ministres de l'Intérieur de l'UE, a ajouté le Grec. « Nous ne souhaitons pas que cette clef repose sur des critères trop nombreux, ni ne voulons que les discussions traînent en longueur ». Ces critères « pourraient reprendre le nombre total de demandeurs d'asile par habitant, par PIB », a-t-il indiqué. Le commissaire a également défendu des projets pilotes, à Malte notamment, sur le recensement d'informations sur les voies d'arrivées des migrants et des campagnes d'information dans les pays tiers relatives aux dangers des traversées. Il a par ailleurs défendu Triton et l'agence Frontex qui ont permis à ce jour de sauver 16 000 migrants et d'intercepter 57 trafiquants, mais a demandé plus de soutien de la part des États membres.

Pour le PPE, il est choquant « que ces bateaux fantômes viennent de Turquie, un pays partenaire de l'UE. La Turquie doit aussi mener ce combat contre la criminalité organisée ». Pour Gianni Pittella (S&D), « ces personnes ont besoin de notre aide: chaque vie compte, les droits humains sont indivisibles, inviolables. Il n'a qu'une seule voie: travailler ensemble et avoir une politique commune en matière d'immigration ». Mais il « faut que le centre de commandement et de décisions soit à Bruxelles, et pas dans les capitales » pour que la réponse « soit efficace et pas hypocrite », a dit l'Italien. « C'est Bruxelles qui doit programmer ces flux et faire le distinguo entre immigration légale et illégale », a même estimé le leader du S&D. Pour Cecilia Wikström (ADLE, suédoise), la mer Méditerranée est devenue « un immense cimetière » et « cela va continuer si l'on ne prend pas nos responsabilités ». Pour elle, il est temps « de décerner les visas depuis les ambassades et consulats ». (SP)

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