Bruxelles, 20/11/2014 (Agence Europe) - La Présidence italienne de l'UE et la Commission européenne ont organisé conjointement, mercredi 19 novembre à Rome, une conférence de haut niveau sur l'énergie en Méditerranée, un thème jugé crucial dans le contexte de risque accru de perturbation des approvisionnements de l'Europe, comme l'a souligné le commissaire à l'Énergie, Maros Sefcovic, présent à la rencontre.
Le thème en était: « Construire un pont énergétique euro-méditerranéen: l'importance stratégique des réseaux de gaz et d'électricité Euromed dans le contexte de la sécurité énergétique ». Pour M. Šefèoviè, « les relations entre l'UE et les pays du sud de la Méditerranée reposent en grande partie sur le commerce mutuellement avantageux de combustibles fossiles (pétrole) ». L'Afrique du Nord est le troisième fournisseur de gaz naturel de l'UE, après la Russie et la Norvège, a rappelé le commissaire. Algérie, Libye et Égypte représentent 15% du total des importations de gaz de l'UE. Ces pays « jouent un rôle important dans la sécurité d'approvisionnement en gaz en Europe » et leur contribution « va s'accroître à l'avenir ». L'Europe ne peut donc que se réjouir des « potentiels additionnels » annoncés dans la région, aussi bien en nouvelles découvertes de gaz, notamment en Méditerranée orientale, que dans l'exploitation de gaz de schistes.
« Pour ce faire, producteurs, exportateurs et consommateurs de gaz en Méditerranée doivent coopérer plus étroitement », a affirmé M. Sefcovic. « La Commission se réjouit de faciliter cette coopération » et de la « discussion approfondie sur la façon d'intensifier cette coopération » déjà engagée entre les divers secteurs opérant en cascade dans l'acheminement et la distribution du gaz en Europe. Cette entente contribue à « transformer la Méditerranée en une plaque tournante » de la fourniture de gaz, mais pas seulement: « si les hydrocarbures demeureront un élément essentiel du partenariat euro-méditerranéen, nous ne devons pas oublier le grand potentiel pour les énergies renouvelables dans la région », a ajouté le commissaire. L'idée d'un usage maîtrisé de nouvelles productions (solaire et éolien) est évoquée comme sources d'approvisionnement de l'Europe, malgré les échecs des projets déjà annoncés.
M. Sefcovic estime à ce sujet qu'« un marché régional intégré de l'électricité offre des avantages en termes d'approvisionnement plus sûr, plus stable et plus abordable ». « La Commission a soutenu et continuera à soutenir la mise en place d'un marché régional de l'électricité méditerranéen », a-t-il assuré. L'exécutif européen est engagé à travailler en collaboration avec tous les partenaires dans la région et, en particulier, avec les associations régionales des autorités de régulation énergétique (MEDREG) et les opérateurs de systèmes de transmission (MEDTSO), a ajouté le commissaire.
Le MEDREG et le MEDTSO ont signé, conjointement avec la Commission, représentée par le directeur général de la DG Énergie, Dominique Ristori, un protocole d'entente qui les engage à joindre leurs efforts pour construire ce pont de part et d'autre de la Méditerranée. Les signataires s'engagent à créer « un processus de coopération structurée » et des synergies dans le développement des réseaux de transport et de distribution, grâce notamment à des « règles transparentes et non discriminatoires » d'accès à ces ressources prometteuses. La mise en place d'une « plateforme commune » est promise pour intensifier cette entente. (FB)