Bruxelles, 20/11/2014 (Agence Europe) - En dépit des progrès réalisés par l'UE dans la lutte contre la pollution atmosphérique, la quasi-totalité des citadins en Europe sont toujours exposés à des polluants à des niveaux jugés dangereux par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et, pour certains polluants - particules fines, ozone troposphérique, benzo (a) pyrène, oxydes d'azote -, plus de 95% de la population urbaine est exposée à des niveaux dangereux, selon un rapport publié mercredi 19 novembre par l'Agence européenne de l'Environnement (AEE).
Ce rapport annuel sur la qualité de l'air fait la synthèse des données recueillies par les stations de surveillance des niveaux de concentration des polluants dans l'air dans toute l'Europe et s'accompagne des données concernant près de 400 agglomérations. Alors que de nombreuses grandes villes ont des niveaux de pollution relativement bas, d'autres affichent, pendant une grande partie de l'année, des dépassements des valeurs limites imposées par la législation de l'UE.
« La pollution atmosphérique est toujours élevée en Europe, avec un coût très lourd, pour nos écosystèmes, pour notre économie, pour la productivité des travailleurs en Europe et - plus grave encore - pour la santé publique », commente Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l'AEE.
La pollution de l'air est la première cause environnementale de décès dans l'UE, avec plus de 400 000 décès prématurés en 2011 en Europe, causés, pour la très grande majorité, par les particules fines. Celles-ci sont particulièrement dangereuses puisqu'elles ont la propriété de pénétrer profondément dans les poumons. Mais des niveaux élevés d'ozone troposphérique (ozone au sol) sur de courtes périodes ont également provoqué un nombre significatif de décès, souligne le rapport.
La plupart des polluants ont légèrement diminué au cours de la dernière décennie, y compris les particules et l'ozone, mais les concentrations de dioxyde d'azote (NO2) n'ont pas baissé autant qu'escompté. Cela s'explique en partie par le fait que les véhicules routiers sont une source importante de ce polluant et que les normes d'émission n'ont pas toujours conduit aux réductions prévues, souligne l'AEE.
Le polluant qui a le plus augmenté est le Benzo (a) pyrène (BaP), avec un accroissement des concentrations dans l'air de plus d'un cinquième entre 2003 et 2012, au point qu'en 2012, plus de 90% des citadins étaient exposés à ce polluant à des niveaux excédant ceux recommandés par l'OMS. Le recours accru aux poêles à bois de chauffage et aux chaudières fonctionnant à la biomasse en est la cause.
Que la pollution de l'air ait un effet sur les maladies respiratoires et cardiaques est connu, mais de nouvelles études ont mis en évidence qu'elle peut aussi affecter le développement foetal et provoquer des maladies beaucoup plus tard dans la vie, via l'exposition à long terme. Le rapport montre que de courts épisodes de pollution, comme à Paris récemment (pollution aux particules en début d'année), peuvent aussi être très dangereux.
S'agissant des effets délétères de la pollution de l'air sur l'environnement, l'AEE note que les phénomènes d'eutrophisation (excès d'azote nutritif qui endommage les écosystèmes et menace la biodiversité), d'acidification et de dommages causés aux plantes sont toujours très répandus, en dépit d'une amélioration au cours des dernières années. En 2012, l'objectif à long terme de l'UE de limiter les concentrations d'ozone a été dépassé dans 87% des zones agricoles d'Europe en 2012. (AN)