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Bulletin Quotidien Europe N° 11199
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ebola

Vers un plan d'action par pays touché pour doper l'aide de l'UE

Bruxelles, 18/11/2014 (Agence Europe) - Des épidémiologistes, des anthropologues, des équipes médicales pouvant former le personnel soignant dans les pays touchés par l'Ebola pour « isoler la maladie, non les personnes », des laboratoires mobiles en plus grand nombre, c'est ce qu'il faut, et c'est désormais la priorité sur laquelle ont insisté de concert, mardi 18 novembre devant la presse européenne, Christos Stylianides, coordinateur de l'UE pour la lutte contre l'épidémie, et Vytenis Andriukaitis, commissaire à la Santé, de retour de la mission conjointe qu'ils ont effectuée en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée.

La primeur des informations de première main recueillies sur le terrain par ces deux médecins de profession auprès des représentants des gouvernements, des organisations internationales, des travailleurs humanitaires et des ONG comme MSF avait été réservée la veille, par le coordinateur, aux ministres européens des Affaires étrangères et à la commission 'développement' du Parlement. Mais il faudra encore « trois ou quatre jours » pour que la Commission puisse procéder à l'évaluation exhaustive de ces données pour identifier précisément les besoins ciblés par pays et y répondre de manière adéquate, a indiqué le coordinateur.

« L'épidémie d'Ebola crée une situation de danger réel. Nous devons redoubler d'efforts pour l'empêcher de se propager et la stopper. Il faut rétablir les systèmes de santé et les économies dévastées des pays africains touchés tout en préservant la santé de nos concitoyens. Notre engagement doit être ferme et à long terme. Aucun des pays touchés ne peut s'en sortir seul. Je propose d'autres actions pour lutter contre Ebola », a déclaré M. Stylianides, appelant à rester vigilant même si le virus a reculé.

Le plan d'action qu'il propose consiste à: - assurer le suivi de cette mission en mobilisant les États membres et la communauté internationale pour qu'ils déploient davantage de personnel soignant et d'épidémiologistes, « aujourd'hui sur le terrain », et plus de laboratoires mobiles pour atteindre les communautés les plus isolées. M. Stylianides a déjà introduit une requête pour mobiliser des équipes sanitaires européennes et une réunion de haut niveau sur Ebola sera organisée en collaboration avec tous les commissaires concernés, en particulier Neven Mimica, commissaire au Développement ; - promouvoir une coopération plus étroite avec les pays touchés, mais aussi une coopération régionale indispensable pour renforcer les contrôles aux points de rencontre des frontières des trois pays ; - accélérer les travaux de mise au point d'un vaccin ; - continuer à sensibiliser à Ebola, dans l'UE comme dans les pays touchés. « Ce n'est pas la peur qui doit guider nos actions », a martelé le coordinateur.

M. Vytenis Andriukaitis a rappelé qu'il convenait « de passer de la défensive à l'offensive, pour lutter contre le manque d'hygiène en adoptant des approches de traitement 'top down' dans les zones peuplées et 'bottom up' ailleurs ». Et d'ajouter: « À court terme, nous avons besoin d'équipes de réponse rapide composées d'un médecin et de quatre ou cinq infirmiers ou travailleurs du secteur paramédical, mais à moyen et long termes on aura besoin de beaucoup plus ». Le 1er décembre, il fera rapport au Conseil EPSCO sur les solutions rapides qui auront été trouvées.

La visite des deux commissaires sur le terrain leur a permis de constater que l'épidémie avait évolué différemment dans les trois pays et que les réponses doivent évoluer aussi. Au Sierra Leone, les commissaires ont visité un centre de traitement « géré par le Royaume-Uni de manière remarquable », où civils et militaires travaillent main dans la main. Sans 'plan 'Marshall', le développement du pays sera très difficile tant le tissu social est détruit. Au Libéria, il n'y a pas besoin de médecins mais d'aides-soignants, d'infirmiers, d'hygiénistes. Le nombre de cas d'infection a reculé mais le virus est devenu plus mobile, « ce qui nécessite d'adapter la réponse ». Les commissaires ont visité un centre géré par MSF à Morovia mais il faut plus de petits centres, plus mobiles pour réagir plus rapidement. En Guinée, le nombre de cas d'infection est inférieur à celui des pays voisins mais en augmentation. M. Stylianides a plaidé pour une approche plus ciblée pour convaincre qu'Ebola n'est pas le résultat d'une conspiration mais un virus à traiter. « Des épidémiologistes francophones sont indispensables pour identifier les régions où il y a lieu de mettre en place des centres de traitement, et il faut une stratégie de communication particulière », a-t-il dit

Les députés de la commission du développement que préside Linda McAvan (S&D, britannique) ont remercié M. Stylianides de s'être rendu sur place et ont appelé de leurs voeux l'adoption d'un plan d'action assorti d'un calendrier compilant toutes les actions concrètes à mener. Charles Goerens (ADLE, luxembourgeois), rapporteur pour la crise Ebola, a réclamé un inventaire des besoins en ressources humaines et en matériel. (AN)

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