Bruxelles, 18/11/2014 (Agence Europe) - « Vivement préoccupés » par la tension croissante et la montée de la violence au Proche-Orient, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont condamné, lundi 17 novembre, les récents attentats terroristes et appelé les dirigeants politiques à oeuvrer de concert et par des mesures visibles pour apaiser la situation (voir autre nouvelle).
Le Conseil « engage toutes les parties à s'abstenir de tout acte susceptible d'aggraver la situation, que ce soit sous forme d'incitations à la violence, de provocations, de recours excessif à la force ou de représailles », ont précisé les ministres dans leurs conclusions. Ils se sont dit particulièrement préoccupés par «l'évolution inquiétante de la situation et les affrontements violents qui se répètent sur l'Esplanade des mosquées / le Mont du temple », à Jérusalem, et ont ainsi appelé au « plein respect des lieux saints ». « Toute modification du statu quo aurait des effets extrêmement déstabilisateurs », ont-ils prévenu. Ils ont dit attendre avec intérêt la mise en oeuvre « effective et rapide » des mesures convenues entre le roi Abdallah de Jordanie, le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le 13 novembre pour apaiser la situation.
L'UE dénonce plusieurs projets israéliens
Les actions qui remettent en question les engagements pris en faveur d'une solution négociée doivent être évitées, ont aussi rappelé les ministres. Ils se sont « fermement » opposés à la récente expropriation de terres à proximité de Bethléem et ont condamné les récentes annonces de plans de construction de nouvelles colonies et de plans pour déplacer les Bédouins en Cisjordanie ainsi que les démolitions continues, y compris de projets financés par l'UE et les États membres. Ainsi, déclarent-ils, Israël doit revenir sur ces décisions « qui vont à l'encontre du droit international et menacent directement la solution à deux États ». « Les activités récentes d'implantation de colonies de peuplement à Jérusalem-Est hypothèquent sérieusement la perspective de voir Jérusalem devenir la capitale des deux États », se sont alarmés les ministres. Ils se sont dits « attachés à la mise en oeuvre pleine et entière, continue et effective de la législation de l'UE et des accords bilatéraux existants applicables aux produits des colonies ». Soulignant suivre de près la situation et ses répercussions, le Conseil a prévenu que « l'UE demeurait prête à prendre de nouvelles mesures afin de protéger la viabilité de la solution fondée sur la coexistence de deux États ». La Haute Représentante a cependant expliqué que l'UE n'avait pas de plan pour imposer des sanctions, contrairement à des articles parus dans des médias israéliens.
Nouvel appel à la fin du blocus de Gaza
Les ministres sont aussi revenus sur la situation à Gaza. Face à une situation humanitaire « dramatique », ils ont souligné qu'il fallait rétablir d'urgence les infrastructures et services de base. « L'UE exige un changement radical de la situation sur le plan politique, de la sécurité et en matière économique dans la bande de Gaza ainsi que la fin du blocus », ont-ils ajouté. « L'Union est disposée à jouer un rôle essentiel dans les efforts engagés au niveau international pour soutenir un cessez-le-feu durable, notamment par la réactivation rapide et l'éventuelle extension de la portée et du mandat de ses missions EUBAM Rafah et EUPOL COPPS », ont rappelé les ministres engageant « toutes les parties concernées à créer les conditions lui permettant de jouer ce rôle ». Mme Mogherini a précisé que des problèmes politiques sur le terrain empêchaient de relancer immédiatement les missions. « Le contrôle des points de passage doit être fait en collaboration avec l'Autorité palestinienne, mais, tant que l'on n'a pas l'Autorité palestinienne sur place pour contrôler les points de passage, ce sera compliqué pour une mission européenne de travailler sur le terrain », a-t-elle expliqué.
L'UE a salué les efforts pour la reprise des négociations, rappelant qu'elle était disposée à jouer un rôle majeur et à contribuer activement à un règlement négocié de toutes les questions liées au statut final. Et si la reconnaissance d'un État palestinien est une décision des États membres, Mme Mogherini a expliqué qu'il fallait au moins échanger les informations sur les initiatives des parlements et les réactions des gouvernements européens sur le sujet et partager les grandes lignes d'action. (CG)