Bruxelles, 18/11/2014 (Agence Europe) - La réunion extraordinaire de la commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), qui s'est tenue du 10 au 17 novembre à Gênes, s'est soldée par un compromis sur la pêche au thon rouge. Les ONG s'inquiètent de la hausse prévue du TAC.
Les parties contractantes se sont prononcées en faveur d'une hausse de 20% par an, sur trois ans, du total admissible de captures (TAC) de thon rouge en Méditerranée et en Atlantique est en tenant compte de l'avis scientifique, se félicitent la Commission européenne ainsi que la CICTA.
Le TAC, de 13 500 tonnes au total pour 2014, passera à 16 142 tonnes en 2015, puis 19 296 tonnes en 2016. Le TAC pour 2017, établi pour l'instant à 23 155 tonnes, sera réexaminé sur la base d'une nouvelle évaluation du stock prévue pour 2016.
Selon les scientifiques du comité qui conseillent la CICTA, les stocks de thon rouge sont estimés actuellement à 585 000 tonnes, contre 150 000 au milieu des années 2000. Seulement pour permettre un rétablissement durable des populations de poissons, ils préconisaient soit de rester au niveau de pêche actuelle, soit de ne pas dépasser 23 256 tonnes, en rappelant une fois encore que l'évaluation des stocks dans les océans comporte une énorme part d'incertitude.
Durant la semaine de débat, l'adhésion s'est rapidement manifestée pour rester dans cette fourchette, sans faire preuve d'excès de précaution pour autant. Les débats ont été plus vifs pour savoir comment se partager cette nouvelle manne. Les pays riverains de la Méditerranée ont beaucoup insisté sur ce point. L'Algérie et la Lybie ont d'ailleurs obtenu un relèvement de leur part respective, mais sans que l'assemblée ne s'attaque à la clé de répartition générale, une question trop sensible politiquement.
La prudence n'a pas non plus été de mise au sujet du thon rouge de l'Atlantique ouest, dont l'état est à la fois plus dégradé et encore plus difficile à mesurer. Les pays membres ont décidé de faire passer les quotas de pêche de 1 700 tonnes à 2 000 t par an.
La Commission européenne a regretté le peu de progrès en matière de protection des requins: la proposition de la Commission visant à interdire (comme le fait l'UE) la pratique de la découpe des ailerons a été rejetée. (LC)