Bruxelles, 26/09/2014 (Agence Europe) - Les objectifs de la stratégie EUROPE 2020 n'ont pas besoin d'être redéfinis et les avancées constatées dans l'établissement de l'espace européen de la recherche (EER) sont plutôt satisfaisantes. Ces deux constats ont fait consensus entre les ministres européens chargés de la Recherche, qui se sont réunis à huis clos à Bruxelles, vendredi 26 septembre, même si certains d'entre eux ont émis des réserves sur le dernier rapport de la Commission européenne quant à l'achèvement de l'EER.
Stratégie EUROPE 2020. L'objectif d'atteindre pour l'UE, d'ici à 2020, un niveau de dépenses pour la recherche et l'innovation de 3% du PIB ne sera pas atteint. Mais, les ministres aiment cet objectif et ne comptent pas le changer à l'occasion de la révision à mi-parcours de la stratégie EUROPE 2020, qui sera actée par le Conseil Compétitivité en décembre 2014. Certes, il faut investir davantage dans ces domaines, mais l'effort doit aujourd'hui venir surtout du secteur privé, a estimé la commissaire Máire Geoghegan-Quinn (Recherche), à l'issue de la réunion du Conseil. La ministre polonaise Lena Kolarska-Bobinska (Science et Enseignement supérieur) a jugé, pour sa part, que cet objectif, qui « ne sera pas atteint », est une excellente source de « motivation », un moyen de se comparer entre États membres. D'autres ministres ont remarqué que cela leur sert aussi de levier dans les négociations au sein de leur propre gouvernement au moment délicat de la répartition du budget national.
Espace européen de la recherche (EER). La discussion entre les ministres sur les progrès dans l'achèvement de l'EER s'est basée sur le rapport de la Commission présenté à la mi-septembre. Le rapport en soi a fait l'objet de quelques reproches, surtout de la part de l'Espagne, du Portugal, de la Pologne et de la Finlande. C'est un « livre illisible », avec une méthodologie douteuse (des questionnaires trop complexes), se sont agacés certains ministres. Mais la plupart des ministres sont satisfaits des progrès réalisés dans la mise en oeuvre de l'EER, même si la Commission ne cesse de reprocher aux États membres des lenteurs injustifiées. Pour les pays scandinaves, les progrès sont visibles, car l'EER est déjà une réalité pour de nombreux instituts de recherche, auxquels il est difficile de reprocher un manque d'ambition dans ce domaine, a noté une source européenne.
Aujourd'hui, l'objectif est de faire converger au mieux les feuilles de route nationales qui seront adoptées à la mi-2015. Il faut se concentrer sur des priorités communes, telles que des marchés de recherche plus transparents, des programmations conjointes, l'alignement des stratégies nationales ou le renforcement de la coopération entre les États membres et l'accès libre aux résultats des recherches, a insisté la Présidence italienne du Conseil. Cette volonté de convergence est toutefois bridée par le fait que chaque État membre reste attaché à ses propres priorités. « Nous avons d'énormes difficultés » pour achever l'EER et il sera difficile de dire un jour que « nous avons réussi », a ainsi dit Mme Kolarska-Bobinska, à l'issue du Conseil. Mais, pour elle, cela n'enlève rien à l'intérêt même de l'EER. Les difficultés seront toujours là, car elles découlent d'une réalité simple: il y a de grandes divergences culturelles dans l'UE en matière de recherche, surtout entre les modèles anglo-saxon et continental, aussi bien dans la manière de coopérer avec l'industrie que dans les volumes des budgets disponibles ou encore dans les systèmes d'évaluation, a-t-elle affirmé. « Nous nous rapprochons lentement », mais, au bout du compte, chacun de nous se félicitera pour des succès différents, qui lui seront propres, a-t-elle conclu. (JK)