Bruxelles, 26/09/2014 (Agence Europe) - Le Service européen pour l'action extérieure et le président du Parlement européen, Martin Schulz, ont condamné, vendredi 26 septembre, le refus d'entrée sur son territoire par la Russie à la co-présidente du groupe des Verts, Rebecca Harms, connue pour ses positions pro-ukrainiennes. La députée avait pourtant pris contact avec les autorités russes avant son départ et possède un passeport diplomatique.
Mme Harms a été interdite d'entrée sur le territoire russe, jeudi 25 septembre, alors qu'elle s'y rendait pour assister au procès de la pilote ukrainienne Nadiya Savchenko, accusée d'espionnage. Après quatre heures d'attente à l'aéroport de Moscou, elle a été informée qu'elle était une personne «indésirable» en Russie et que son entrée serait un « acte criminel ». Elle a ensuite été « invitée » à prendre le prochain avion pour Bruxelles. Mme Harms a expliqué que les autorités à l'aéroport lui avaient expliqué que le fait d'avoir voté en faveur de sanctions contre la Russie était une des raisons de cette interdiction, même si le Parlement n'a aucun pouvoir concernant les mesures restrictives. « C'était une mascarade. (...) Cela m'a rappelé l'Union soviétique », a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse.
M. Schulz a considéré que cet « incident diplomatique » était « un recul préoccupant pour les relations entre le Parlement européen et la Russie ». « Il est totalement inacceptable de refuser le passeport et les papiers d'un membre élu du Parlement européen et de brandir la menace que son entrée en Russie serait considérée comme une activité criminelle », a-t-il ajouté.
« Un manque de transparence des autorités russes à l'égard des personnes inscrites sur une liste noire est regrettable et va à l'encontre de l'esprit de l'accord sur la facilitation de la délivrance des visas entre l'UE et la Russie », a pour sa part souligné Maja Kocijancic, porte-parole de la Haute Représentante, Catherine Ashton. « Pour le moment, nous ne savons pas qui, en plus de moi, figure sur cette liste », a expliqué Mme Harms, ajoutant que la Russie avait refusé de donner plus de détails.
M. Schulz a précisé qu'une lettre de protestation allait être envoyée vendredi 26 septembre à l'ambassade de Russie à Bruxelles, demandant au gouvernement russe de retirer sa décision. Selon Mme Harms, la délégation de l'UE et l'ambassade d'Allemagne en Russie ont aussi protesté contre cette interdiction. Le ministère allemand des Affaires étrangères a jugé « inacceptable » la décision russe.
Par ailleurs, le SEAE a souligné que la détention de Mme Savchenko était un « sujet de préoccupation pour l'UE ». (CG)